Le 19 novembre 2023, François-Xavier Marchais a été ordonné diacre permanent par l’évêque du Mans dans l’église Notre-Dame des Marais de La Ferté-Bernard. L’aboutissement d’un cheminement de plusieurs années, pour celui qui est également dirigeant d’Eaton Interconnect Technologies Division, l’une des plus importantes entreprises industrielles de la Sarthe, et président de l’Union des Industries et Métiers de la Métallurgie (UIMM) des Pays de la Loire.
Un engagement de couple
François-Xavier Marchais n’a pas réellement hésité, lorsqu’il s’est agi pour lui de s’engager dans le diaconat. "J’ai eu tout de même un peu de doute, reconnaît-il, en me demandant si j’allais être à la hauteur, et des interrogations quant à la charge que cela représente, car on ne la mesure pas tout de suite." Cette charge, le dirigeant sarthois l’assume désormais depuis deux ans, entre ses obligations professionnelles, syndicales avec la présidence de l’UIMM de la Sarthe d’abord et depuis 2025 de l’UIMM des Pays de la Loire, et sa vie familiale.
Fort d’une foi ancrée depuis l’enfance, nourrie aussi par plusieurs décennies de scoutisme, François-Xavier Marchais, père de quatre grands enfants et bientôt grand-père pour la deuxième fois, a fait le choix il y a quelques années de renforcer son engagement dans l’Église. "Je me suis senti appelé, témoigne-t-il. Les choses ont mûri lentement, puis j’ai commencé une période "de discernement" et de formation de 5 ans. C’est un engagement différent de celui que j’avais jusqu’ici dans la paroisse de La Ferté-Bernard. Il se prend à deux, avec son épouse, et l’Église fait très attention à ce que celle-ci soit d’accord. C’est plus que symbolique puisque le jour de l’ordination, au début de la célébration, l’évêque lui pose à nouveau la question."
Très attaché au dialogue social
François-Xavier Marchais est donc diacre permanent, ce qui signifie qu’il n’est pas dans l’attente de devenir prêtre comme le sont les diacres en vue du sacerdoce. Le diacre ne dit pas la messe. Il la sert aux côtés du prêtre qui officie, mais peut célébrer les baptêmes et les mariages. Dans sa paroisse, François-Xavier Marchais a entre autres missions l’accueil des futurs mariés et des catéchumènes adultes, les personnes postulantes au baptême.
"Le propre du diaconat est d’être au service de ses frères et de la communauté. Cela renforce ce que je faisais déjà dans la paroisse, par exemple pour la préparation au mariage des jeunes couples. Ce sont le plus souvent de belles rencontres humaines, confie-t-il. L’Église est très vivante, avec de jeunes adultes qui s’engagent, peut-être plus qu’il y a quelques années."
"Je ne mélange surtout pas les genres et je ne fais pas de prosélytisme"
Engagé dans l’Église, François-Xavier Marchais l’est aussi syndicalement, lui qui préside donc l’UIMM en Sarthe et en Pays de la Loire. "Ma foi a bien évidemment une influence sur la façon dont j’exerce mon métier, reconnaît-il. Je suis très attaché au respect de la personne humaine, à contribuer à faire vivre la doctrine sociale de l’Église, avec le paritarisme et le dialogue social. Ce sont des choses que l’on peut évidemment défendre aussi sans être chrétien, mais c’est aussi une manière pour moi de s’engager. Par contre, je ne mélange surtout pas les genres et je ne fais pas de prosélytisme."
À la tête d’une équipe de 900 salariés en Sarthe
Après des études d’ingénieur à l’Estaca, à Levallois, dans les Yvelines, François-Xavier Marchais est arrivé en Sarthe en 2007, comme directeur marketing de l’entreprise Souriau. Il est aujourd’hui président de la SAS Souriau et dirigeant d’Eaton Interconnect Technologies Division, qui comprend deux sites sarthois, (750 personnes à Champagné, près du Mans, et 150 à La Ferté-Bernard), reprise en 2019 par le groupe américain Eaton (24,9 Md$ de CA). Il pilote également 10 autres sites, en France mais aussi aux États-Unis, au Maroc, au Mexique et en Inde.
"Nous concevons et fabriquons des connecteurs électriques (ces dispositifs permettant de créer des circuits électriques, NDLR), et plus spécifiquement en Sarthe des connecteurs pour les environnements sévères, explique le dirigeant. Nous travaillons pour l’aéronautique civile, la défense, l’industrie spatiale, le secteur de l’énergie, ou encore le sport automobile. D’ailleurs, tous les ans, on gagne les 24 Heures du Mans !"
Les usines sarthoises fabriquent plus d’un million de connecteurs par mois. Entre 40 et 50 % des produits sont destinés à l’export, sans compter les commandes de clients en France, tels qu’Airbus, qui prennent ensuite la destination de l’étranger.
"J’ai trouvé un équilibre"
À 60 ans, François-Xavier Marchais partage donc sa vie entre sa famille, sa fonction de dirigeant qui l’emmène plusieurs fois par an aux États-Unis ou ailleurs dans le monde, ses responsabilités syndicales et son engagement dans l’Église. Un emploi du temps très chargé, mais dans lequel il dit s’épanouir. "J’ai trouvé un équilibre, dit-il. Je voudrais parfois en faire plus mais actuellement je ne peux pas. En retraite, j’en ferai plus. De toute façon, je suis certain que mon évêque ne me laissera pas à rien faire."