La mise en place d'une société France Télévision unique, la fin de la publicité après 20heures sur le service public, la nomination du président de France Télévision par le président de la République, sont les principaux enjeux de la réforme audiovisuelle en cours. Entreprise unique depuis le 27novembre 2008, France Télévision doit encore mettre en place sa nouvelle structure. Lors de la conférence de rentrée de France 3 Normandie le 10septembre dernier, Yves Gantou, directeur régional, a précisé que des synergies étaient en train de naître au sein du groupe: «Paul Nahon, directeur de l'information de France 3 est également devenu celui de France 2». Reste que pour l'instant les services n'ont pas fusionné: «Un processus d'information et de consultation est organisé auprès des personnels afin que cette fusion soit effective au 4janvier». Une réforme délicate qui suscite des interrogations pour François Verly, journaliste et représentant du syndicat SNJ: «Nous sommes dans une période trouble depuis l'annonce de la suppression de la publicité. Nous ne sommes pas contre mais ce qui nous pose problème c'est le non-mode de fonctionnement car pour l'instant, il n'y a pas de financement pérenne, pas de lisibilité. 2009 a été une année de bricolage! Pour moi, nous allons au-devant de nombreuses désillusions».
Une réforme des moyens
La réforme territoriale de France Télévision induit le regroupement des équipes, des moyens, des ressources humaines et des programmes, mais aussi le passage de 13 à 4 directions régionales. «Ce mouvement vise à renforcer les 24 antennes de proximité, elle ne touchera pas les BRI et les moyens techniques des régions», explique Yves Gantou. Des mouvements qui ne seront pas sans conséquence rappelle François Verly: «Cette réforme entraîne la mise à plat de nos accords d'entreprise et notamment notre convention collective de journalistes et surtout la remise en question de l'avenant de la télé publique. Un avenant qui nous garantit certaines choses telles que les accords d'entreprises RTT ou encore les congés d'hiver. Dans cette remise à plat, nous ne savons pas ce qui sera conservé. En ce qui concerne le SNJ que je représente, nous voulons faire de cet avenant le socle de la négociation qui doit débuter le 1eroctobre». Autre élément d'inquiétude pour les personnels, le plan de départs volontaires de 900 personnes annoncé par la direction de France Télévision et qui ne seront pas remplacées. «Il touche toutes les catégories de personnels. Une personne sur dix ne sera pas remplacée. C'est un plan social déguisé», s'inquiète François Verly. Enfin, concernant le développement d'une seconde chaîne sur Internet, là encore, les difficultés sont nombreuses explique Yves Gantou: «Nous avons du mal à faire comprendre à nos équipes l'intérêt de ce nouveau média alors que le processus de changementt est nécessaire». Un constat que ne conteste par François Verly qui là encore pose un bémol: «Le développement du global media est un ordre qui vient de la direction générale. On ne peut pas être contre ce développement. Le problème, c'est que c'est un nouveau métier et que rien n'a été négocié. Pour moi, il n'y a pour l'instant pas de vrai projet, c'est une copie de la chaîne Premium. On est encore très loin d'une seconde chaîne de télévision et puis, le manque de moyens est criant».
Sébastien Colle
http://normandie.france3.fr/
La réforme de France télévision suscite de nombreuses inquiétudes et attentes au sein des salariés du groupe. Fusion, suppressions de postes, réforme territoriale, mise en commun des moyens, les sujets de débats sont nombreux.