« Je resterai le temps que Fram aille bien » dixit Daniel Cohen, devenu président du directoire de Fram en février dernier après la révocation de son prédécesseur, Olivier de Nicola. Daniel Cohen est le patron du cabinet parisien Zalis, spécialisé en redressement d'entreprises en difficultés, qui a gagné l'appel d'offres du tour-opérateur (TO) toulousain pour ce qui ressemble fort à une intervention de la dernière chance. Doté des pleins pouvoirs par un conseil de surveillance où tout l'actionnariat familial est à nouveau représenté (retour de Marie-Christine Chaubet avec 40 %) mais écarté de l'opérationnel, il découvre un secteur professionnel souffrant de la conjoncture et dont le modèle économique « marche sur la tête » : dans la chaîne, le TO qui prend les risques (affrêtement aérien) est celui qui gagne le moins à cause des commissions reversées aux agences de voyages (autour de 14 %)... Daniel Cohen a donc tout récemment pris son bâton de pèlerin pour discuter avec les Afat Selectour, Tourcom et autres Havas de nouvelles règles. Une intention louable mais qui passe après l'urgence de la situation et des mesures nécessaires dans un groupe déficitaire année après année : 13,7 millions de pertes en 2010, 23,5 en 2011 et 15 attendues en 2012 lors de l'assemblée générale du 20 juin prochain. C'est donc le feu financier à court terme qu'il s'est attaché à éteindre chez Fram. Son style « consultant et financier » a provisoirement rassuré le pool bancaire historique du TO qui a maintenu une ligne de crédit de 10 millions d'euros. Les besoins estimés sont de 40 millions d'euros répartis entre le développement du web, l'amélioration de l'informatique et la reconstitution du BFR. Une opération de dégraissage a vite été engagée : le siège du 3 rue du Poids de l'Huile a été cédé pour 6 millions au toulousain Thierry Oldak (propriétaire du Bibent entre autres) alors que des actifs non stratégiques comme les Autocars TRG ont été cédés à l'Aveyronnais Chauchard pour un prix non dévoilé. D'autres pistes sont à l'étude pour « alléger » les filiales à l'étranger comme, à Marrakech, avec l'hôtel les Jardins de l'Agdal aux 40 % d'occupation insuffisants. « Nous devons tout optimiser en gérant comme des boutiquiers », indique Daniel Cohen faisant référence à des fermetures momentanées d'établissements dès que la fréquentation n'est pas là. Mais « cela ne suffira pas » confie-t-il, confiant malgré tout car le bilan de l'entreprise est sain : aux 30 millions de dettes s'opposent 90 millions d'actifs, sans compter les 30 millions estimés de la marque. « Nous devrons nous adosser à un ou plusieurs partenaires », ajoute-t-il, se fixant une seule priorité dans le choix de l'élu : le maintien de l'emploi. En effet, un PSE de 56 personnes a déjà eu lieu en début d'année. Côté stratégie, développement du web, introduction du yield management et CRM sont les maîtres-mots alors qu'une réorganisation en six directions à été décidée. Outre la direction de l'exploitation, confiée à Joost Bourlon qui reste P-dg de Plein Vent (filiale entrée de gamme rachetée en 2008 et bénéficiaire en 2012), il est aussi créé une direction commerciale groupe menée par Eve-Lise Blanc-Deleuze fraîchement recrutée dans le milieu des médias et du numérique. Reste à trouver un directeur des services information, poste crucial vu les fortes ambitions affichées : faire passer les ventes internet de 8 à 30 %. Ces choix suffiront-ils à juguler l'hémorragie ? Daniel Cohen le pense, lui qui voit le retour à l'équilibre en 2015.
Tourisme Après avoir révoqué le dernier président du directoire, le tour-opérateur Fram a fait appel à un cabinet expert en redressement d'entreprises en difficultés.