Fralib : François Hollande soutient les salariés
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Fralib : François Hollande soutient les salariés

Agroalimentaire François Hollande a rendu visite au site de Fralib, à Gémenos, afin de soutenir les salariés qui luttent contre la délocalisation de la production en Pologne et souhaitent pouvoir reprendre l'activité qu'ils considèrent, étude à l'appui, rentable.

Fin août, les salariés de Fralib, qui luttent contre le projet de délocalisation de l'usine de Gémenos, ont multiplié les initiatives afin de proposer des solutions alternatives. Ils ont notamment reçu la visite de François Hollande, candidat à la candidature pour l'élection présidentielle de 2012, accompagné de Michel Vauzelle, président du conseil régional Paca. L'occasion pour eux de présenter à nouveau leur projet de reprise de l'entreprise et de relancer l'idée d'une table ronde sur l'avenir de Fralib.




1.000 tonnes pour rendre le site viable

«Je suis avant tout venu pour chercher des solutions afin d'éviter la délocalisation de la production de Fralib. L'idée n'est pas d'améliorer le plan social en cours, mais bien de faire pression sur Unilever afin que le site industriel demeure à Gémenos», a ainsi souligné François Hollande, rejoint par Michel Vauzelle: «Il faut lutter contre une désindustrialisation de la région Paca. Il y a un manque total de solidarité de l'État envers cette région...» Comment maintenir le site industriel à Gémenos contre l'avis d'Unilever? Les salariés ont leur idée et leur proposition. «Pour nous, le motif économique avancé par Unilever pour fermer le site n'est pas justifié. Nous pouvons rendre viable la production à Gémenos», explique Olivier Leberquier, délégué syndical. Le collectif des salariés envisage ainsi de reprendre la production. Pour eux, et selon une étude économique menée sur le sujet, avec une production de 1.000 tonnes, le site serait viable. «En moyenne nous fabriquons 2.900 tonnes, dont 67% de la marque Thé de l'Éléphant, le reste en Lipton. Thé de l'Éléphant est uniquement destiné au marché français. Cela serait une absurdité de voir la marque produite en Pologne ». Pour sauver l'usine, le collectif réclame donc le site, les machines, la marque Thé de l'Éléphant et 300M€ de la part d'Unilever. Ce que refuse actuellement le groupe pour qui le processus de fermeture est enclenché et a été confirmé début juillet par une décision du tribunal. Les premières lettres de licenciement devraient commencer à arriver dans les boîtes aux lettres des salariés. «La table ronde que souhaitent les salariés aurait pour objectif de convaincre Unilever de céder la marque et l'outil de production», précise François Hollande. Souhait utopiste? «Il faut croire à la pression politique. Les multinationales sont indépendantes, mais elles n'aiment pas que leurs comportements non vertueux soient évoqués. Les consommateurs doivent être au courant de ce qui se passe...», poursuit le candidat à la primaire socialiste. La survie du site, qui ne dispose pas d'équipes commerciales, passe également par l'arrivée d'un partenaire industriel. «Il y a pas mal d'acteurs, notamment dans le thé bio, et nous avons des contacts avec un entrepreneur basé à Orange qui ne dispose pas d'outils de production et dont la fabrication est actuellement faite en Espagne...», ajoute Olivier Leberquier. Les salariés évoquent en outre la possibilité de la participation de la région dans le montage de la structure qui pourrait reprendre l'usine, évoquant le cas de Heuliez, en Poitou-Charente, où le conseil régional présidé par Ségolène Royal avait pris part à la reprise. Ségolène Royal qui devrait ainsi prochainement rendre visite aux salariés de Fralib qui demeurent aux postes. Nulle occupation d'usine en effet et nul blocage. Au contraire, depuis la mi-août, les salariés ont relancé la fabrication, veillant à conserver l'outil de production.

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Gémenos 182 salariés - www.fralib.fr

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