On ne s'improvise pas chef d'entreprise! Pour répondre à ce constat, l'offre de formation est abondante. Encore faut-il que le créateur ou repreneur fasse l'effort de s'y intéresser et ne résume pas ses choix à des stages de pures techniques. Le cas des porteurs de projets relevant des chambres de métiers et de l'artisanat est particulier: ils doivent justifier d'un diplôme professionnel attestant leur formation initiale et suivre un stage obligatoire de cinq jours à la gestion. Pour tous les autres, aucun diplôme ni aucune formation ne sont exigés avant de se jeter dans le grand bain.
«Se donner plus de lisibilité»
La formation à la vie de l'entreprise sous toutes ses formes est pourtant un gage majeur de la pérennité du projet. «En se formant en amont, on se donne plus de lisibilité, on perçoit mieux ce que vont être ses besoins. L'obsession des créateurs est souvent plus la dynamique "métier" que la gestion de l'entreprise au sens large. Or, ils ont besoin d'une boîte à outils suffisante pour justement dépasser la stricte vision métier», souligne Dominique Mentha, directrice adjointe de l'APCE. Un constat partagé par Jacques Raymond, vice-président de l'association nationale des cédants et repreneurs d'affaires (CRA), qui l'étend aux cadres supérieurs issus de grandes entreprises. «S'ils maîtrisent parfaitement leur spécialité, ils ont rarement une vue d'ensemble de la réalité du quotidien d'une PME.» Pour répondre à ces besoins, l'offre est foisonnante.
Faisceaux de compétences
De l'atelier pratique d'une demi-journée au cursus sur plusieurs mois ou plusieurs années sanctionné par un diplôme type Master, comme proposé par de nombreuses universités et grandes écoles. Les CCI, souvent premier contact avec l'entreprise pour abriter les CFE, ont développé une offre harmonisée au plan national. Elle est inscrite dans une démarche qualité, en trois temps: de la séance collective gratuite pour ceux qui n'en sont qu'à l'idée, au conseil personnalisé pour finaliser le projet avant le passage à l'acte, avec un suivi sur trois ans. Outre ce dispositif, les CCI proposent en fonction de leurs spécificités un ensemble d'ateliers. «Les CCI se positionnent comme les portes d'entrée principales des créateurs mais nous voulons aller au-delà», explique Sandrine Wehrli, déléguée générale de CCI-Entreprendre en France. «Nous revendiquons d'être des "facilitateurs" en mettant le créateur au centre de faisceaux de compétences.»
«La création: bien autre chose que des chiffres»
Les réseaux d'accompagnement sont aussi très présents. Le CRA a ainsi mis en place un stage de trois semaines à destination des candidats-repreneurs qu'il suit. Reste un écueil majeur: la volonté des créateurs de s'inscrire dans ces parcours. «Souvent, ils se limitent à l'acquisition de connaissances purement comptables pour pouvoir présenter des documents irréprochables à leurs banquiers alors que l'entreprise, c'est bien autre chose que des chiffres», plaide Sophie Gras, directrice du Réseau Entreprendre Aquitaine.
Des salons pour s'informer
Depuis parfois plus de dix ans, de nombreux salons à travers la France offrent aux créateurs en puissance la possibilité de s'informer. Intérêt: trouver en un même lieu l'ensemble des experts et réseaux qui peuvent les accompagner. À noter aussi la Caravane des Entrepreneurs qui a entamé sa huitième tournée à travers la France depuis le 10mai (www.caravanedesentrepreneurs.com).