« L'objectif du mécénat à travers une Fondation telle que la nôtre est de réunir entreprises et universités autour d'un sujet de recherche puis de publier et disséminer tout ce qui est trouvé, explique Valérie Bonnardel, la directrice de la Fondation partenariale Grenoble INP. La diffusion de la connaissance doit se faire au plus grand nombre, tant auprès de la communauté scientifique que du grand public. L'entreprise s'y retrouve, même si elle n'est pas seule destinataire des résultats, car, de toute façon, c'est une recherche qu'elle n'aurait pas pu mener seule. »
3,5 M€ de fonds
La Fondation INP a été créée en 2010 par six fondateurs avec un fonds de 3,5 M€ pour cinq ans : Grenoble INP, Schneider electric, Udimec, EDF, STMicroelectronics et Grenoble INP alumni. Elle gère cinq chaires. La plus récente, celle des "ingénieries EDF", travaille sur le génie civil pour la sûreté des grands ouvrages. La chaire "Smartgrids", financée par ERDF, est victime de son succès avec de « nombreuses sollicitations d'entreprises pour y participer » ! La chaire "Innovation industrielle", financée par l'UIMM, travaille sur la conception et le développement d'outils adaptés aux PME. « Il s'agit concrètement de qualifier ce qu'est pour une PME l'innovation : technologique, systémique, opérationnelle... » La chaire "machines hydrauliques" créée en juin 2013 avec Alstom étudie le fonctionnement des turbines pompes avec des énergies alternatives.
Acoustique aquatique
Mais la chaire la plus inattendue est certainement celle appelée "Chorus". Elle permet l'étude de l'acoustique environnementale dans les milieux aquatiques dans l'objectif d'en préserver la biodiversité. L'écoute et le traitement du signal acoustique adapté aux environnements aquatiques (mer, rivière, barrage, etc.) devraient permettre de faire le lien entre les activités humaines et la survie des espèces présentes. Cette chaire bénéficie du soutien de huit mécènes, dont plusieurs entreprises bretonnes : Chauvaud TBM (56), Quiet oceans (29), RTSys (56) et Sercel (44). « C'est la première chaire en France à ne pas compter de gros industriel dans ses fondateurs, assure Valérie Bonnardel. Mais n'importe quelle entreprise peut venir proposer un sujet de chaire, seule ou en consortium. »Le lancement d'une chaire exige au minimum 150.000 € annuels sur trois à six ans. « Il faut suffisamment de temps pour avoir des résultats et en faire un domaine de recherche, explique la directrice. La chaire doit ensuite pouvoir être pérennisée par une formation et des postes d'enseignants-chercheurs. Une chaire est un écrin pour de la recherche en amont qui alimentera par la suite l'innovation des entreprises françaises et leur permettra de garder un coup d'avance sur la concurrence internationale. »
www.fondation-grenoble-inp.fr
La Fondation partenariale Grenoble INP développe plusieurs chaires scientifiques pour soutenir l'innovation des entreprises.