Pour Sébastien Maquet, le directeur financier de FM Logistic, le groupe s’est donné "les moyens de ses ambitions". Le logisticien mosellan FM Logistic (28 000 salariés, 1,7 Md€ de CA), basé à Phalsbourg, vient de boucler un plan de financement de 200 millions d’euros sur six ans, soutenu par un pool bancaire composé du Crédit Agricole, de la Société Générale, de BNP Paribas et du Crédit-Mutuel-CIC.
Compléter les surfaces logistiques
La somme rassemblée doit permettre au groupe de passer sur "une position offensive en termes de croissance externe", dévoile Sébastien Maquet. Concrètement, sur une période de deux à trois ans, le logisticien veut racheter des sociétés opérant dans le transport et l’entreposage. Ces acquisitions viendront compléter les 4,8 millions de mètres carrés déjà exploités par le groupe dans 14 pays.
Une stratégie de "long terme"
"Nous ciblons essentiellement la verticale européenne. L’objectif est de se renforcer sur la Zone Euro, au Benelux, en Europe du Nord et en Espagne", détaille le directeur financier de FM Logistic. Des acquisitions qui doivent permettre au logisticien mosellan de "se diversifier, d’aller chercher de la compétence" et pas de "racheter du chiffre d’affaires", insiste Sébastien Maquet. "Nous sommes une entreprise familiale. Nous n’avons pas besoin de faire des acquisitions pour dégager des multiples boursiers. Nous sommes dans une stratégie industrielle de long terme", souligne-t-il.
"Confiant" dans la capacité à atteindre les trois milliards d’euros de chiffre d’affaires
Cette stratégie à long terme, c’est le plan Powering 2030, lancé en 2021 : le logisticien s’est alors donné neuf ans pour atteindre les 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires. "Nous sommes relativement confiants dans notre capacité à y être, modulo les taux de change, qui objectivement en 2030, sont des inconnus, souligne Sébastien Maquet. Mais pour l’instant, nous sommes dans l’épure du plan." En 2023, FM Logistic a atteint 1,7 milliard d’euros de chiffre d’affaires, en croissance de 11 %, avec un bénéfice avant impôts de 50 millions d’euros, en progression de 40 % par rapport à l’exercice précédent. Autre élément pour alimenter la confiance : les équipes du groupe ont signé pour 178 millions d’euros de nouveaux contrats, venant ainsi contrebalancer la baisse des volumes de l’activité de leurs 450 clients.
Des partenaires bancaires demandeurs
Au mois de juin, lors de l’assemblée générale, la gouvernance du groupe a donné le feu vert pour accélérer encore plus fort. "C’était le bon moment pour nous, se félicite Jean-Michel Dray, directeur financement et trésorerie chez FM Logistic. Nos résultats confirmaient notre progression, qui confirmait les différents plans que nous avons présentés à nos partenaires bancaires." Des partenaires bancaires qui souhaitaient dépasser le statut de "fournisseur de dettes".
"Nous avons senti que sur le marché, il y avait du répondant du côté des banques, détaille Jean-Michel Dray. Le choix a été fait de monter ce crédit syndiqué dans un temps assez court, puisque cela a été monté en deux mois et demi. C’est un outil classique pour le groupe de se financer par voie bancaire, mais c’est ici un peu plus structurant, puisque l’idée était de donner de la visibilité à nos banques, comme au groupe, concernant notre développement à long terme."
Le transport, un métier "atomisé"
Dans le transport, secteur dans lequel le groupe opère comme affréteur, les dirigeants de FM Logistic mise sur la "massification" pour "dégager des marges", pointe Sébastien Maquet. "C’est un métier atomisé, à faible marge, dans lequel nous sommes légitimes, puisque c’est le métier historique du groupe", ajoute-t-il. Concrètement, dans les sociétés rachetées, qui viendront compléter le maillage du groupe, les équipes de FM Logistic vont déployer des outils digitaux permettant "d’avoir une meilleure gouvernance, une meilleure gestion des flux", souligne le directeur financier de FM Logistic.