À La Tardière, l'usine Apeval transforme les coproduits de l'industrie boulangère et pâtissière, comme des brioches, avant de les revendre aux éleveurs porcins, principalement. Apeval récupère d'abord la matière première, des aliments non périmés mais recalés à la vente (pour cause de mauvais conditionnement, par exemple.). Son métier consiste alors à séparer la nourriture de l'emballage, via des systèmes de tamis et de dépression d'air. Et enfin, de créer des mélanges équilibrés (en sucres, graissesetc.), en fonction des besoins des éleveurs.
Un Manceau
et un Espagnol aux manettes
Opérationnel depuis la rentrée, le site produira environ 25.000 tonnes en 2014. « L'usine possède une capacité de 50.000 tonnes, que l'on souhaite atteindre d'ici à quatre ans. Sur un marché français d'environ 200.000 tonnes de coproduits collectés par an », annonce Xavier Cros, son directeur général. La reconversion de cette ancienne usine de farine animale aura coûté cinq millions d'euros. Petite PME de quinze salariés, dont huit à La Tardière, Apeval possède des sites de collecte ou transformation en Picardie, en Alsace et en Bretagne. Issue d'une joint-venture, elle peut cependant s'appuyer sur ses deux maisons mères, dont Akiolis, groupe basé auMans (1.200 salariés, 248M€), détenu par le géant belge Tessenderlos. Son second actionnaire s'appelle Promic, une PME espagnole (80 salariés, 35M€ de CA), présente dans le Sud de la France, toutes les deux expertes en collecte et valorisation de résidus alimentaires.
La Vendéeun site stratégique
Le choix de la Vendée s'est imposé. « D'un côté, la moitié de l'industrie française en biscuit, pâtisserie et boulangerie se trouve dans le Grand Ouest ; de l'autre 70 % des élevages porcins y sont implantés », explique Xavier Cros, ancien dirigeant d'une boulangerie-pâtisserie industrielle, après avoir été notamment responsable des achats fruits et arômes chez Danone.
« Il faut créernotre marché »
La PME vise une montée en puissance rapide. D'une dizaine de millions d'euros en 2013, son chiffre d'affaires devrait doubler d'ici à cinq ans. Cinq embauches sont déjà prévues l'an prochain. « On va créer un marché qui n'existe pas vraiment en France, où la vente se fait surtout en direct de l'industriel au producteur. Contrairement à d'autres pays comme l'Allemagne où les process de transformations sécurisées ont été développés », indique Xavier Cros. L'argument d'Apeval pour séduire les éleveurs réside dans la diminution des risques bactériologiques grâce à un système de séchage à 60° qui réduit l'humidité de 25 % à moins de 10 %, sans générer de cuisson. « Des normes européennes vont dans ce sens », souligne Xavier Cros.
Apeval
(La Tardière)Dirigeant : Xavier Cros15 salariés5,5M€ de CA
02 51 87 47 32