La prochaine assemblée générale de la Fédération française du bâtiment (FFB) du Morbihan se déroulera le 17juin au domaine de Manehouarn à Plouay. Au-delà d'un point ciblé sur la conjoncture économique, les investissements actuels des collectivités locales dans les chantiers publics risquent d'être au coeur des conversations des adhérents. La Fédération aimerait aussi présenter son nouveau secrétaire général lors de cette AG.
Connu comme le loup blanc
Car Pierre Moins, qui occupait ce poste depuis onze ans, tire sa révérence. Faisant quasiment partie des meubles de la FFB, l'homme est connu comme le loup blanc dans les milieux économiques morbihannais. Il commente son départ: «Après trois présidents, Hubert Pocher, David Cabedoce et Thierry Maho, il semble bon, pour moi comme pour la Fédération, que j'aille faire autre chose.» Les temps changent: nouveau président du Conseil général, équipe renouvelée à la CCI Régionale. Pierre Moins ferait surtout les frais des récentes élections à la Chambre de métiers. Malgré une campagne rondement menée, largement en amont, la liste Artisans de notre avenir/FFB a échoué. À trois voix près, elle n'a pas raflé la présidence au syndicat concurrent Upa. Aujourd'hui, le coût de la campagne serait dans le collimateur de plusieurs élus. Une version des faits contestée par le président Thierry Maho: «Le budget fixé n'a été dépassé que de 10% et cela avait été renégocié en conseil d'administration.» Une source proche du dossier pointe «un tas de petits détails, une incompatibilité qui s'est avérée au fil du temps. Il a été estimé que Pierre Moins avait un peu pris ses aises. Son départ était fatal, c'était ça où le président partait.» De fait, les ego des deux têtes de la FFB les privaient d'une entente sur le long terme. Thierry Maho, qui bouclera son dernier mandat en juin2013, avance quant à lui deux raisons principales pour justifier l'éviction de Pierre Moins: «Pierre est un homme de challenges, il sait très bien développer mais s'épanouit moins à gérer une structure sur un tempo plus linéaire. Depuis deux ans, ce problème revenait de manière récurrente, il m'a lui-même avoué qu'il était arrivé au bout d'un cycle en termes de management.Et puis, une fédération n'appartient pas à son secrétaire général. Je me suis vu le reprendre plusieurs fois. La politique générale est le domaine des élus, on veut garder notre droit de parole.» Pierre Moins en convient: «Il ne peut pas y avoir deux patrons.» Tout en défendant son bilan: «Quand je suis arrivé, cela ne se bousculait pas pour occuper mon poste. Il n'y avait même pas 100 adhérents à la FFB.» Également bien impliqué dans la campagne d'Artisans de notre avenir, Vincent Prono s'en va lui aussi. Il avait été embauché il y a cinq ans pour développer le recrutement de nouveaux adhérents.
Stagnation
Quelle que sera sa nouvelle organisation, la Fédé doit affronter la stagnation de ses adhésions. Elle peine à retrouver la dynamique de recrutement des années 2000, au cours desquelles elle est passée de 280 à «480 entreprises incluant 6.000 salariés», selon Thierry Maho. Mais la crise a fait disparaître nombre de PME du bâtiment. Et la lenteur du redémarrage continue d'abîmer les résultats d'exploitation. Or la marge de progression en nombre de membres est limitée sur un département comme le Morbihan. Quelle stratégie choisira Thierry Maho? Poursuivre activement la politique de recrutement ou renforcer la dimension services et conseils? Tout en espérant que le profil artisanal des nouveaux entrants sur le marché du bâtiment ne les oriente pas systématiquement vers la Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb).
DéCRYPT
AGE Le président et le secrétaire général de la FFB 56 ne s'entendant pas, ce dernier aura quitté la Fédération à la prochaine assemblée générale.