En 2009, Fermentalg était une entreprise naissante qui employait une personne et demie et occupait 300m² de locaux à Libourne. Trois ans plus tard, c'est une véritable PME de 40 salariés, installée dans 2.400m² de bureaux et de laboratoires high tech flambants neufs qui réalise près d'un million d'euros de chiffre d'affaires et dont les perspectives pour les années à venir sont plus que prometteuses.
Production de molécules à base de microalgues
Le créneau de l'entreprise? les microalgues. La PME développe une technologie brevetée en 2007 issue d'un programme de recherche que Pierre Calleja, le fondateur et P-dg de Fermentalg, a mené depuis les années 90 à l'Ifremer de Nantes. Cette technologie utilise les microalgues (des êtres vivants unicellulaires présents partout dans la nature qui ont la capacité de se développer très rapidement avec un apport de lumière faible) pour produire des molécules d'intérêt: acide gras, alcool gras, alcanes, alcènes, polysaccharide, ester... Ces molécules sont destinées aux différents marchés porteurs comme la nutrition animale, l'agroalimentaire, la cosmétique, la biochimie, les biocarburants...
Projet de démonstrateur préindustriel
«Nous produisons de la biomasse sans aucuns produits chimiques ni déchets à l'arrivée, explique Pierre Calleja. Je n'hésite pas à dire que notre potentialité est énorme et que nous avons la capacité de devenir un leader mondial.Par rapport à d'autres technologies développées par des gens comme Martek, Oillio ou Solazyme, notre techno est en avance. Nous produisons déjà 220gr de matière sèche par litre, un rendement très élevé qui va nous permettre de baisser les coûts.» Actuellement, la PME développe huit molécules d'intérêt, en partenariat avec des industriels dont Sofiprotéol avec qui Fermentalg a créé l'an dernier une société commune destinée à industrialiser, produire et commercialiser des huiles de microalgues riches en Oméga3. Car le métier de Fermentalg n'est pas de produire à grande échelle. «Nous sommes en amont du processus industriel. Nous mettons au point le procédé - il faut environ deux ans pour développer une molécule -, puis nous le vendons clé en main aux industriels qui eux produisent en masse et nous reversent un pourcentage des résultats faits grâce au produit.»
Une entrée en bourse programmée
Juste avant l'été, Pierre Calleja a déposé auprès de l'AMF un dossier pour une introduction en bourse. «Pour nous développer encore plus nous avons besoin de construire un démonstrateur préindustriel. Je souhaite construire cette nouvelle usine à Libourne d'ici à 2014 et pour cela j'ai besoin de 8 à 10millions d'euros. Or j'ai beaucoup de mal à trouver des financements en France. En revanche, c'est malheureux à dire mais je suis régulièrement approché par les Américains et les Chinois. Mon entreprise est le fruit de l'éducation et de la recherche française, je souhaite rester français mais j'ai peu de soutien. Cela m'interroge.»
Fermentalg
(Libourne) P-dg: Pierre Calleja 40 salariés 05 57 250 220
www.fermentalg.com