La femme entrepreneur a encore un long chemin à parcourir. Même si «la crise a mis en évidence l'importance des femmes dans le management de l'entreprise», comme le rappelle à juste titre Christine Nacry. La présidente de la délégation FCE Grand Lille déplore notamment la faible représentativité de la gent féminine dans la sphère économique, à commencer par les listes électorales des CCI. Sujet d'actualité. «Faudra-t-il encore des quotas?», s'interroge Christine Nacry, pour qui «une entreprise qui se prive des femmes se nie à elle-même».
Une meilleure résistance
Invité à Lille, pour la remise des prix Elles créent, le philosophe André Comte-Sponville ne manque pas non plus d'arguments pour convaincre. «Les entreprises où il y a des femmes dans le top management ont mieux résisté à la crise que les entreprises qui n'ont pas de femmes dans leur direction», souligne-t-il. Un encouragement aux jeunes créatrices, lauréates des 5etrophées de FCE. «Les femmes entreprennent qualitativement et cela progresse d'année en année», analyse Christine Nacry au vu des 32dossiers de création et un de reprise reçus par sa délégation.
Cinq lauréates Ces candidatures ont donné lieu à cinq prix dont un coup de coeur. Fanny Oliveira a reçu le premier prix (3.000€) avec sa société Flexineo de conseil en organisation du travail. Alexandra Butruille (2eprix, 2.000€) développe des plats bio pour bébés avec Good Goût. Sabine Joly (3eprix, 750€) se lance dans l'Ecogest Auto. Laurence Vandael (4eprix, 500€), elle, est à la tête de garderies bilingues My Little Garden. Enfin, le coup de coeur revient à Pauline Vicart pour Les Vins de Pauline. «Elles tiennent la route!» conclut Christine Nacry, citant l'exemple de Stéphanie Morvan. À l'origine de la société de services à domicile Joker, cette ancienne lauréate a racheté deux autres entreprises cette année, ses concurrents Ménagez-vous et Zen à la maison.
Géry Bertrande