Faut-il externaliser le recouvrement?

Faut-il externaliser le recouvrement?

Sur un marché libre et très concurrentiel, de nombreux cabinets proposent desprestations couvrant toute la chaîne du recouvrement. Alors vers qui se tourner?

10% seulement des entreprises françaises externalisent la totalité du suivi de leur poste clients. La majorité des PME traite en interne le recouvrement amiable des créances, ne passant la main qu'en cas de litiges ou d'impayés, pour des créances allant d'une centaine d'euros à des sommes beaucoup plus importantes. Une approche qui peut s'avérer parfois difficilement gérable, et qui pose la question de l'externalisation de cette activité. «Les procédures de recouvrement sont lourdes en termes logistiques et deviennent très techniques dès qu'il y a contentieux. Leur externalisation permet d'alléger les coûts et de bénéficier de l'expertise de spécialistes», avertit Yannick Tettini, directeur du cabinet de recouvrement Abjuris, à Lille. «Nous représentons un levier supplémentaire pour faire payer le débiteur», affirme pour sa part Anne Williart, directrice générale d'Intrum Justitia, leader de la gestion de créances en France, installé à Saint-Priest. En cas de contentieux, ces cabinets assurent également l'interface entre l'entreprise et le monde judiciaire. Ils interviennent en France mais aussi à l'export. Une autre alternative consiste à faire appel directement à un huissier de justice. À la différence des cabinets de recouvrement, la profession est strictement réglementée et contrôlée. Les 3.300 huissiers de justice exerçant en France ont recouvré, en 2010, 8 Md€ de créances au travers de procédures amiables ou judiciaires. «Les huissiers de justice offrent des garanties fortes, un maillage du territoire inégalé et ils se sont dotés de systèmes informatiques qui les rendent très performants pour suivre tout le cycle de vie du recouvrement», assure Patrick Safar, secrétaire adjoint du bureau de la Chambre nationale des huissiers de justice. «Les chefs d'entreprise ont autre chose à faire que courser les mauvais payeurs. Le recouvrement est notre coeur de métier», plaide maître Alain Bobant.




Le coût de l'externalisation

Les tarifs des huissiers de justice sont réglementés. Les cabinets de recouvrement quant à eux prélèvent un pourcentage sur les montants recouvrés en cas de recouvrement amiable. Pour les procédures contentieuses, ils proposent plusieurs offres tarifaires soit au forfait, soit aux frais réels. «Comme nous donnons beaucoup de dossiers à nos correspondants (huissiers, avocats...), nos clients bénéficient d'un effet de mutualisation et d'une Charte Qualité réduisant les actes inutiles», fait valoir Anne Williart.