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Face au manque de fourrage, les éleveurs du Calvados s'organisent pour sécuriser leurs approvisionnements
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Face au manque de fourrage, les éleveurs du Calvados s'organisent pour sécuriser leurs approvisionnements

La sécheresse fragilise les stocks de fourrage des exploitations d'élevage du Calvados. Face à une situation qualifiée de critique par la Chambre d'agriculture, une bourse aux fourrages vient d'être mise en place afin de permettre aux éleveurs déficitaires de trouver du foin ou de la paille auprès d'autres producteurs.

— Photo : Pixabay (Enrique)

Les conséquences économiques de la sécheresse commencent à se faire sentir dans les élevages du Calvados. La dégradation des prairies réduit les ressources disponibles tandis que les perspectives concernant les récoltes de maïs restent très variables selon les exploitations. La Chambre d'agriculture du Calvados estime désormais que la situation fourragère départementale a atteint un seuil critique.

Pour limiter les difficultés d'approvisionnement des éleveurs, l'organisme consulaire a donc ouvert une bourse aux fourrages et à la paille. Le principe consiste à permettre aux exploitations disposant de stocks disponibles ou de cultures encore sur pied de proposer leurs volumes aux éleveurs qui anticipent, à l'inverse, un déficit pour nourrir leurs troupeaux.

La Chambre d'agriculture centralise les offres et les recherches via un formulaire et un tableau accessible aux professionnels. Les transactions restent toutefois réalisées directement entre exploitants : l'organisme ne joue pas le rôle d'intermédiaire commercial et laisse les agriculteurs prendre contact entre eux pour déterminer les conditions de vente.

Des stocks d'hiver sous pression

La question est d'autant plus sensible pour les entreprises agricoles que les conséquences de la sécheresse pourraient se prolonger au-delà de l'été. Dans le Calvados, les pouvoirs publics ont déjà assoupli certaines règles afin d'augmenter les ressources disponibles. Depuis le 22 juillet, les éleveurs peuvent notamment valoriser certaines jachères comme fourrage sous certaines conditions, alors que ces parcelles ne peuvent normalement pas être exploitées entre le 1er mars et le 31 août.

L'objectif est d'éviter que les exploitations déficitaires soient contraintes de puiser trop rapidement dans les réserves destinées à l'alimentation hivernale du cheptel.

Cette tension peut également avoir un impact direct sur les charges des élevages. Lorsqu'une exploitation ne produit plus suffisamment de fourrage, elle doit se tourner vers des achats extérieurs, auxquels peuvent s'ajouter les coûts de transport. Les références professionnelles disponibles en 2026 montrent par exemple que la paille départ ferme peut atteindre autour de 70 à 80 euros la tonne, selon le conditionnement, tandis que les prix varient selon la qualité, les volumes et les conditions de marché.

La bourse départementale doit donc permettre de rapprocher localement offre et demande et de limiter les difficultés d'approvisionnement des élevages confrontés à la baisse de leurs rendements fourragers.

Pour l'agriculture du Calvados, l'enjeu dépasse ainsi la sécheresse estivale : il s'agit désormais de sécuriser suffisamment de nourriture pour les troupeaux au cours des prochains mois tout en maîtrisant l'augmentation potentielle des charges d'exploitation.

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