Vous êtes associé avec Philippe Tournaire depuis 2004. Comment est née votre association et quel a été votre parcours avant d'entrer dans la société? Après avoir obtenu mon diplôme à l'Institut Supérieur de Commerce à Paris, j'ai travaillé pendant 8 ans pour le groupe Procter & Gamble, propriétaire des marques Ariel et Pampers notamment. J'ai travaillé en France, puis au Mexique où j'ai exercé par la suite le poste de directeur commercial pour la branche eau de Danone. De 2001 à 2004, j'ai exercé la fonction de directeur général des parfums Givenchy à Miami. Je suis ensuite rentré en France pour revendre mes parts d'une entreprise familiale. À l'époque, je cherchais une entreprise à racheter dans le secteur du luxe. Philippe Tournaire cherchait une personne pour développer son entreprise. Il souhaitait se concentrer uniquement sur la partie création. J'ai donc pris en charge le développement commercial.
Qu
els ont été les axes de développement que vous avez mis en place? Pendant quatre ans, nous avons fait un gros travail de développement sur les collections avec notamment la création d'un catalogue et d'un site internet en 2006 pour positionner Tournaire comme une véritable marque. Parallèlement, nous sommes allés chercher des marchés à l'étranger, à Dubaï et surtout aux États-Unis. Nous avons fait un gros travail sur le marché américain, qui a débouché il y a deux ans sur un partenariat avec la chaîne de magasins Saks Ve avenue. Malheureusement, la crise les a frappés fortement et ils ont arrêté toutes leurs commandes avec nous. Il faut savoir qu'en 2009, 2.000 bijouteries ont fermé aux États-Unis.
Vous avez donc abandonné le marché US au profit du marché chinois?
Nous n'avons pas abandonné le marché américain. Depuis janvier2009, nous avons un agent commercial qui va nous aider à pénétrer le marché américain. Quant à la Chine, cela fait trois ans que l'on travaille avec un partenaire, I Do. Aujourd'hui, on passe à la deuxième étape avec l'ouverture d'une boutique en franchise à Pékin.
Quels sont vos objectifs sur le marché chinois?
C'est difficile de vous donner des chiffres. Ce que l'on sait, c'est que l'ouverture de la boutique à Pékin représente pour nous une commande de 600.000€ en stock. Pour le reste,
on verra avec le temps. Le marché chinois est un marché très long à pénétrer. Si l'on ouvre 3 à 4 boutiques en Chine sous deux à trois ans, ce sera déjà un beau succès.
D'autres projets?
On espère lancer notre réseau de franchises en France en 2011. 2011 sera aussi marquée par l'ouverture de notre nouvel atelier à Savigneux. Aujourd'hui, nos80 m² ne suffisent plus. Avec la construction d'un bâtiment de 600m², on va pouvoir répondre à notre croissance sur le marché français et export et créer un show-room sous forme de galerie pour exposer les collections Tournaire, mais aussi présenter de jeunes artistes (sculpteurs, peintres...). Ce projet s'inscrit dans le cadre de notre programme de mécénat artistique ?Deux arts pour une émotion? qui vise à associer les créations de Philippe Tournaire avec des créations d'autres artistes.
Vous avez aussi un projet de R&D labellisé par Viaméca?
Effectivement, dans le cadre de Viaméca, nous travaillons avec l'Enise pour développer une machine à usinage 5 axes. Cette machine, qui n'existe pas sur le marché, a pour vocation de produire en petite série des pièces mécaniques pour l'horlogerie et la joaillerie. Elle devrait nous permettre de réaliser nos propres pièces et nos propres tests d'usinage sur nos nouvelles montres. À terme, l'idée est de s'appuyer sur cette machine pour développer une activité de sous-traitance haut-de-gamme. Nous avons baptisé ce projet ?Manufacture Tournaire?.