À la question: faut-il externaliser en temps de crise?, Christophe Georget, associé à la division Conseil chez Ernst & Young répond non sans prendre quelques précautions. «Il est préférable d'externaliser une fonction à partir du moment où on la maîtrise. Engager un processus d'externalisation pendant une crise peut être dangereux.» Pour le consultant, il faut avant tout distinguer deux types de fonctions - les principales et les secondaires - qui ne s'envisagent pas de la même manière. Si l'entretien, la restauration, les supports informatiques ou le recouvrement peuvent être confiés sans trop de difficultés à une entreprise extérieure, d'autres fonctions plus lourdes comme la finance, la comptabilité ou la logistique sont souvent plus complexes à externaliser. «Il n'y a souvent pas d'effets immédiats lors de la mise en place d'un processus lourd», prévient-il. De plus en plus répandue dans les entreprises depuis les années 2000, l'externalisation touchait, en 2008, 63% des sociétés françaises interrogées, selon le baromètre ?Outsourcing Europe 2008 ?édité tous les deux ans par Ernst & Young. Un taux qui reste en dessous de la moyenne européenne (70%) et qui place la France derrière les principales puissances comme la Belgique, le Royaume-Uni ou l'Allemagne. En revanche, avec cinq fonctions externalisées en moyenne, le même baromètre positionne les Français en seconde place, au-delà du chiffre européen (4,1). Pour Gaëtan Michel, directeur de mission senior chez Ernst & Young, «c'est d'abord la réduction des coûts et l'augmentation de la productivité que les entreprises recherchent. L'externalisation assure également une meilleure qualité de services car la société accède à un vivier de compétences important. Cette démarche lui permet de concentrer son personnel sur son coeur de métier.»
«Une externalisation ça se gère!»
Reste que cette démarche, qui peut être à la fois longue et coûteuse, présente quelques inconvénients. Le manque de réactivité du prestataire, la perte d'autonomie et certaines difficultés de planification dans l'entreprise sont parfois mal vécus par l'équipe dirigeante et le personnel. Trouver un partenaire fiable et pérenne demeure également la clé d'une externalisation réussie. Encore faut-il mettre en place des indicateurs de performance afin d'évaluer le service rendu. «Une externalisation, ça se gère!», préfère rappeler Christophe Georget. Présente dans quasiment tous les services de l'entreprise (services généraux, administration, finance, ressources humaines...), l'externalisation reste encore très peu exploitée sur les postes vente, marketing, communication, développement produit et fabrication.
L'externalisation concernerait en France plus d'une entreprise sur deux. Y recourir en période de turbulences économiques peut néanmoins présenter quelques risques.