C’est l’un des temps forts du calendrier du développement du projet : ce lundi 9 septembre s’est ouverte l’enquête publique relative au projet de tram nord soutenu par l’Eurométropole de Strasbourg (EMS). L’extension doit relier le nord de l’agglomération, Schiltigheim et Bischheim, au réseau existant. Mais 30 ans après la mise en service du tramway au sein de la capitale alsacienne (la ligne Ouest-Sud avait été inaugurée le 25 novembre 1994) voulue par la municipalité de Catherine Trautmann contre les partisans du métro VAL à l’époque, ce jalon essentiel de la "révolution des mobilités" engagée par l’EMS n’en finit pas de faire couler de l’encre et de soulever les oppositions.
Un tracé et un projet qui soulèvent les oppositions
Chiffrée à 140 puis 268 millions d’euros (dont 44 millions d’euros de matériel roulant), l’extension du tramway strasbourgeois vers le nord de l’agglomération a pris de l’embonpoint, et adopté un tracé qui mobilise depuis les résistances politiques.
L’EMS déroule néanmoins la feuille de route d’une vaste refonte des mobilités dans l’agglomération strasbourgeoise. Les actions symboliques, comme la pose des premiers rails de l’extension du tramway vers Wolfisheim, le tram Ouest estimé à 122 millions d’euros (cofinancé par l’EMS, l’État, l’Agence de l’eau et les communes) pour une mise en service attendue fin 2025, échelonne un calendrier démonstratif "entré dans sa phase opérationnelle".
"Nous pouvons faire évoluer les comportements et proposer une alternative à l’autosolisme"
"Nous sommes dans la livraison des projets", s’est félicitée fin août la présidente de l’Eurométropole Pia Imbs. "Nous sommes dans un changement de paradigme, avec une vision au-delà du mandat, comprenant des projets structurants et des investissements lourds : transports collectifs, mobilités douces, solutions de partage et intermodalité. Nous sommes persuadés qu’avec une offre vaste, cadencée et flexible, nous pouvons faire évoluer les comportements et proposer une alternative à l’autosolisme".
500 millions d’euros pour les mobilités à Strasbourg
Celle-ci a un coût, elle est chiffrée. 500 millions d’euros, c’est le budget alloué sur la durée du mandat (2020-2026) aux mobilités. La volonté eurométropolitaine se traduit aussi, au-delà des investissements structurels, par le renforcement de l’offre bus/tram et des solutions d’autopartage, et par une politique à destination des jeunes usagers de la CTS (Compagnie des Transports Strasbourgeois). Les élèves résidents dans l’une des 33 communes de l’Eurométropole bénéficient ainsi, par exemple, de la gratuité des transports. La mesure concerne 68 000 jeunes.
Le plan vélo et le déploiement des pistes cyclables, l’autre cheval de bataille de la "révolution des mobilités" strasbourgeoise, bénéficie d’une enveloppe de 100 millions d’euros sur la durée du mandat.
D’autres mesures, comme le soutien au fonctionnement du Réseau Express Métropolitain européen, le premier en province, font partie des engagements en faveur de l’intermodalité. Celui-ci est cofinancé avec la région Grand Est. La part de l’EMS se portant à 7 millions d’euros annuels sur trois ans.
L’enquête publique dédiée au projet de tram Nord doit s’achever le 18 octobre. L’octroi de la déclaration d’utilité publique constituera le prochain jalon.