Export : Regards sur le marché ukrainien
# Conjoncture

Export : Regards sur le marché ukrainien

Comment les entreprises bretonnes qui font du business avec l'Ukraine, actuellement sous tension, appréhendent-elles ce marché ? Deux Bretons partis en mission économique à Kiev début février témoignent.

Le business entre la Bretagne et l'Ukraine est réel, notamment dans l'agroalimentaire. Les tensions dans le pays ne risquent-elles pas de compromettre les relations d'affaires ? De retour de mission économique à l'Agro Animal Show de Kiev début février, les entreprises Eurolap à Gosné (35) et Pichon (29) témoignent.




« Délais plus longs »

« Nous y étions trois jours avant que ça n'explose », fait remarquer Philippe Pichon, dirigeant de Pichon Industries, fabricant de tonnes à lisier et d'épandeurs à fumiers. Un salarié de Pichon est même allé sur la place Maidan à Kiev avec l'un de leur contact. « Les derniers événements ont gelé les commandes en cours. Tout est bloqué », indique Philippe Pichon. Pour Emmanuel Fournier, directeur d'Eurolap (groupe Evolution-XY), spécialisé en génétique animale à Gosné, « l'actualité va bien évidemment perturber nos relations commerciales, pas par la remise en cause des marchés prévus mais plutôt par des délais plus longs. Les gens sont en attente de l'évolution de la situation politique avant de prendre des décisions ». Pour autant, le dirigeant breton reste confiant sur ce marché déjà porteur et encore prometteur sur lequel Eurolap évolue depuis 2009 avec l'aide de Bretagne Commerce International (BCI) et son partenaire Est Expansion, sur place. L'entreprise quadragénaire réalise d'ailleurs à l'export 55 % de son chiffre d'affaires (2,7 M€).




« Marché porteur »

« Le marché agricole ukrainien est très porteur, il est en attente de produits mais également de formations et de services. Au bout de quatre années, l'aventure d'Eurolap en Ukraine est une success-story, se félicite Emmanuel Fournier. Au-delà de la fourniture d'animaux, nous sommes devenus le fournisseur de génétique du plus gros producteur et abatteur de lapins ukrainien, la société Krolikoff. Au-delà de la commercialisation de reproducteurs, Eurolap a aussi apporté les techniques modernes d'élevage de lapins en assurant la formation des équipes de cette société. D'autres clients ont également fait et continuent à faire confiance à Eurolap qui représente aujourd'hui 90 % du marché de la génétique lapin de chair en Ukraine », peut se targuer l'entreprise de Gosné. Pour l'entreprise finistérienne Pichon (29 millions d'euros de CA ; 170 salariés), l'Ukraine est un marché à fort potentiel, avec une agriculture forte et un élevage qui repart à la hausse. « Nous allons au salon de Kiev depuis 2008. On fait quelques affaires là-bas même si cela reste difficile de percer », explique Philippe Pichon.




Précautions

L'instabilité du pays depuis de nombreuses années est l'un des freins. Mais Philippe Pichon pense que l'Europe peut aider. La société de Guipavas réalise 30 % de son chiffre d'affaires à l'export, principalement en Europe de l'Est. « On vend aussi en Russie et pour l'instant, la conséquence la plus négative a été la dépréciation du rouble qui ne favorise pas les ventes là-bas. » La barrière de la langue reste toujours « une difficulté » dans le business. « Il est très important de se faire accompagner par des structures qui connaissent bien le marché et surtout les contraintes administratives (enregistrement des produits) et douanières », conseille Emmanuel Fournier.

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