Exploitation forestière : La filière a la gueule de bois
# Industrie

Exploitation forestière : La filière a la gueule de bois

Une rencontre entre le président de l'Office national des forêts et les acteurs rhônalpins de la filière bois a permis de faire le point sur les difficultés du secteur.

Alors que la consommation de bois a doublé en quinze ans, l'exploitation des forêts stagne, faute d'une replantation suffisante et de moyens adaptés. Résultat, « moins de la moitié des forêts en Rhône-Alpes est exploitée », s'alarme Dominique Sardet, président de la Fédération forêt bois Rhône-Alpes (Fibra). En visite le mois dernier dans la région grenobloise, le président de l'Office national des forêts (ONF) Jean-Yves Caullet, également en charge du volet forêt de la loi d'avenir agricole et forestière (LAAF), craint même « un creux potentiel d'ici 20 à 30 ans ». Pour pallier ces risques, les acteurs de la filière bois en Rhône-Alpes, qui compte 10.200 entreprises et 41.300 salariés, appellent à l'allocation de moyens d'exploitation. Pour les zones de montagne difficiles d'accès, « le transport par câbles n'est pas envisageable sans aides financières de l'État, car son utilisation très coûteuse met à néant la valeur du bois », affirme Dominique Sardet. Parmi les projets d'avenir, le président de l'ONF indique donc travailler sur « un principe de dirigeable guidé, qui permettrait de desservir des zones plus vastes, avec une installation moins complexe ».




Balance commerciale déficitaire

La création de dessertes pour l'accès en forêt constitue un autre enjeu important. Il existe 450.000 propriétaires forestiers en Rhône-Alpes, possédant souvent de très petites parcelles. « Il est impensable de créer une desserte pour chacune d'entre elles, explique Dominique Sardet. La solution serait de les mutualiser. » Mais les propriétaires sont réticents en raison du faible rapport financier de ces exploitations. La filière bois souffre aujourd'hui de la concurrence d'autres pays européens, notamment l'Allemagne et l'Autriche sur les préfabriqués et l'Italie sur le mobilier. Dominique Sardet indique que « la balance commerciale de la France est déficitaire, puisque nous importons près de 30 % du bois de l'étranger, pour 10 % d'exportations ». Jean-Yves Caullet se montre néanmoins optimiste : « La filière bois en Rhône-Alpes est très dynamique et possède de solides atouts, il est nécessaire de la mettre en mouvement ». D'après les études de conjonctures de la Fibra, malgré un début d'année 2014 en berne en raison d'une saison hivernale très pluvieuse, les prévisions sont plus favorables pour le trimestre en cours. Parallèlement à cette hausse d'activité, les embauches devraient s'amplifier. Mais un quart des entreprises de la filière fait face à des difficultés de recrutement, notamment sur des postes de charpentier bois.


www.fibra.net www.onf.fr

# Industrie