Experts-comptables : «La crise a souligné le manque de fonds propres»
# Conjoncture

Experts-comptables : «La crise a souligné le manque de fonds propres»

La crise, qui n'est pas selon lui terminée pour tous les secteurs, a souligné le ?talon d'Achille ?d'un grand nombre d'entreprises: «le manque de fonds propres», explique Pascal Levené, président de l'Ordre des experts-comptables de Bretagne.

«La majorité de nos entreprises ne sont pas au Cac 40», rappelle Pascal Levené, président de l'Ordre des experts-comptables de Bretagne. «Elles constituent un maillage de TPE et de PME dont les dirigeants assument totalement leur rôle dans les équilibres territoriaux et sociétaux mais dont beaucoup manquent de fonds propres. D'où les problèmes de trésorerie et de financement des BFR qui sont apparus quand les commandes ne sont plus arrivées. Tout en constatant, en parallèle, des défaillances au sein des postes clients.»




Opérateurs traditionnels faute de fonds propres

Faute de pouvoir s'appuyer sur ces fonds propres, les entreprises n'ont pu avoir recours qu'aux opérateurs traditionnels: les banques et les sociétés d'assurance-crédit. «Les banques ont été au début assez frileuses mais la mise en place d'outils comme la médiation a permis d'atteindre des résultats et de sauver des entreprises... dès lors qu'elles avaient un projet viable», constate Pascal Levené. Côté sociétés assurance-crédit, son analyse est plus inquiétante. «Les sociétés d'assurance-crédit se sont mises en retrait dès que les difficultés sont apparues parce qu'il s'est avéré que leurs encours étaient supérieurs à leurs fonds propres. Ce qui, en France, pose la question de savoir si nous sommes vraiment outillés pour financer la reprise», s'interroge le président des experts-comptables de Bretagne.




«Cesser d'attendre l'intervention de l'État»

La crise a en tout cas une vertu: alerter les chefs d'entreprises sur l'impérieuse nécessité de mettre en place un suivi de leur gestion et de leur trésorerie. «Notre rôle d'expert-comptable c'est de sensibiliser les entreprises sur la nécessité de mettre en place des outils de gestion dynamiques et de les accompagner pour suivre leur activité. On ne peut plus se contenter d'un contrôle annuel ou semestriel.» Du fait de l'ancrage du réseau de TPE-PME dans les territoires, en prise directe avec les populations, la crise a placé nombre de chefs d'entreprise devant leurs responsabilités. «Il faut poser la question du partage des responsabilités entre entreprises et pouvoirs publics. Mais il faut cesser d'attendre l'intervention systématique de l'État-providence», conclut Pascal Levené.

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