Fin avril, François Lenoir d'Exatrans à Vannes s'apprête à passer une journée en mer sur un 50 pieds avec un repreneur, un cédant et l'intermédiaire qui l'avait mis sur la piste de l'affaire. «J'avais dit à ce dernier: "si j'arrive à vendre, tu feras un tour sur un Formule 1 des mers"», explique François Lenoir. Il s'agissait d'une entreprise d'étanchéité bardage de cinqmillions d'euros de chiffre d'affaires à Angers revendue à un Nantais "primo accédant", comme aime à appeler François Lenoir ceux qui rachètent pour la première fois.
Henrio reprise par Gedimat
Mais l'entrepreneur a joué un rôle dans d'autres beaux rachats récemment. De quoi passer de 50.000euros la première année à 300.000euros de chiffre d'affaires pour sa structure Exatrans. François Lenoir se rémunère environ 3% du prix de la cession. En bon expert, il connaît les lois du marché. «Il faut faire comprendre aux cédants qu'on ne peut pas vendre quatre millions d'euros une affaire qui en vaut trois. Mais quand on reste serein, ils finissent souvent par le comprendre», remarque-t-il. Parmi les dossiers emblématiques: la récente reprise d'Henrio Bois Matériaux à Quimperlé par le groupe Gedimat. «Là, nous avons travaillé en partenariat avec un gestionnaire de patrimoine. L'emplacement était très intéressant, avec un foncier important», remarque François Lenoir. «Mais Louis-Michel Henrio, un des deux frères actionnaires, avait une vraie volonté de préserver son équipe et le climat social. Il m'a rapidement déclaré:"Pas question que mon personnel se retrouve à vendre des boîtes de petits pois".» François Lenoir s'est spécialisé dans les entreprises industrielles, avec pour cibles des valorisations comprises entre un et cinq millions d'euros. Faisant sciemment l'impasse sur l'hôtellerie-restauration.
Technicité et psychologie
Il peut s'appuyer sur Jean-Pierre Depayras, 65 ans, ex-dirigeant du Cac 40 qui a 10% du capital d'Exatrans. «Quelqu'un de sain, avec une vision, un recul», commente François Lenoir. La mission d'audit menée par Exatrans pour préparer une cession fut même dans un cas tellement efficace que le cédant avait multiplié son résultat net par cinq. «Du coup, il ne voulait plus vendre», poursuit François Lenoir. L'alchimie est complexe en matière de cession, entre conseils, calculs et écoute. Mais François Lenoir commence à connaître sur le bout des doigts son bréviaire de conseiller. «Mon métier est à la fois très technique et psychologique», poursuit l'expert. «Souvent, même s'il va prendre un gros chèque, un cédant n'en dort pas la nuit. Surtout s'il s'agit de la troisième génération aux commandes d'une entreprise familiale qui doit céder la main à un grand groupe.»
Exatrans
(Vannes)
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