Ex-TIers : Ceux qui ont créé leur entreprise
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Ex-TIers : Ceux qui ont créé leur entreprise

Reclassement. Que sont devenus les 517 salariés de Texas Instruments ? Dix mois après la mise en oeuvre de la convention de revitalisation, 88 % ont trouvé une solution de reclassement, dont 10 % en création d'entreprise. Zoom sur ceux qui ont choisi d'entreprendre...

Décembre 2012. Le groupe Texas Instruments annonçait la restructuration de sa division OMAP, entraînant la fermeture définitive du site de Villeneuve-Loubet et le licenciement de ses 517 salariés. Un séisme pour la filière microélectronique azuréenne, qui très vite se mobilise pour colmater les brèches. « Il n'était pas question de réitérer l'erreur du premier plan de sauvegarde de TI (332 licenciés en 2009, ndlr). La convention avait été signée un an après la notification. Trop tard. La dynamique était passée. D'où la volonté cette fois-ci de démarrer au plus vite l'accompagnement », explique Alain Chateau, ex-TIer, chargé de mission pour la revitalisation du territoire. Dès février, un comité de suivi est instauré, le cabinet Altédia mandaté pour informer et accompagner les salariés. Si bien que dix mois après la mise en oeuvre de la convention de revitalisation, signée le 21 juin 2013 entre l'État et Texas Instruments, 88 % des 510 salariés concernés disposent d'une solution de reclassement. Ainsi, 69 % ont retrouvé un emploi, essentiellement en CDI. « Les deux tiers dans la microélectronique, le reste dans des domaines d'expertise différents comme le développement de logiciels ou la gestion de projets », détaille le chargé de mission. 3 % sont entrés en préretraite, 6 % en formation longue durée, et 10 % ont créé leur entreprise. « De prime abord, on peut penser que ce n'est pas beaucoup, mais ces personnes sont issues d'une grande structure, bien loin de l'esprit start-up et de la réalité de la conduite d'une entreprise. Elles se retrouvent confrontées à un autre monde, une autre culture, bien plus difficile. À cet égard, 10 % de création, ce n'est pas si mal. » Ceux qui se sont lancés dans l'aventure entreprenariale sont en grande majorité « des techniciens au sens large ». Certains ont choisi de donner corps à des projets personnels comme la reprise d'un vignoble familial ou l'ouverture d'un restaurant. Les autres « sont restés dans leur domaine de compétence » et ont misé sur le service et l'offre logicielle. Quant au fond de revitalisation, doté d'une enveloppe de 3 M€, deux tiers ont déjà été distribués, soit sous forme de financement, soit au travers d'aides au conseil. « Cela correspond à 70 projets pour 280 emplois créés. À ce rythme, la totalité de la somme sera reversée d'ici à la fin de l'année », estime Alain Chateau qui n'oublie toutefois pas « les 12 % de personnes encore à la recherche d'un emploi ».

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