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Evoluant sur le marché tendu de l'acier, l'ETI Affival mise sur la R&D
Nord # Métallurgie # Innovation

Evoluant sur le marché tendu de l'acier, l'ETI Affival mise sur la R&D

Avec des industriels de la sidérurgie pour clients, le producteur nordiste de fil fourré Affival évolue sur un marché qui se détériore. En cause ? Une concurrence chinoise qui tire les prix vers le bas. Pour y faire face, l'industriel a choisi de miser sur la R&D.

À Solesmes, non loin de Valenciennes, l'industriel Affival est installé sur un site de 55 000 m², à quelques pas seulement du centre-ville. Depuis la rue, son bâtiment se fait discret, avec une façade en briques rouges perdue parmi celles des habitations voisines. Il abrite pourtant l'usine principale d'un industriel qui fabrique chaque année 160 000 kilomètres de fil fourré, avec quelque 270 salariés, pour un chiffre d'affaires 2015 de 70 millions d'euros. Avec des clients partout dans le monde et 95 % de son chiffre d'affaires réalisés à l'export, la société Affival possède aussi des filiales aux États-Unis, en Corée, au Mexique, au Japon, en Chine et en Russie. À Solesmes, implantation majeure de cette ETI qui appartient au groupe allemand SKW Métallurgie depuis 2006, se trouvent 135 salariés qui produisent chaque année 80 000 à 100 000 kilomètres de fil fourré.

Un marché qui se dégrade

« En France, il n'y a que deux entreprises productrices de fil fourré », note Franck Delavaquerie, directeur général d'Affival. Un fil qui facilite l'injection d'éléments de traitement ou d'addition dans l'acier en fusion. Dans le monde, cette fois, c'est « environ 250 entreprises dont 200 en Chine », note le dirigeant qui affirme ensuite : « Nous sommes leaders sur le marché de l'acier avec 30 % à 35 % des parts de marché, hors Chine ». Malgré cette position, la situation d'Affival n'est pas des plus confortables. L'industriel doit notamment faire face à un marché de l'acier tendu, avec des prix tirés vers le bas. Une situation qui n'est pas près de s'améliorer : « L'association Word Steel, qui regroupe 90 % des aciéristes mondiaux, prévoit une dégradation du marché en 2017 et 2018. Nous faisons déjà face aujourd'hui à un recul de la production et à un déplacement de la capacité de production : il faut savoir que celle de la Chine est supérieure à elle seule au besoin mondial »... Dans ce contexte, Franck Delavaquerie n'hésite pas à déclarer : « Nous sommes en guerre. Nous pouvons mener la lutte sur les prix pour une partie de la production mais pour le reste, nous misons sur l'amélioration du service client et du rendement du fil fourré que nous produisons : la clé c'est d'apporter des solutions techniquement et économiquement intéressantes pour le client ».

Miser sur la R&D

Et pour améliorer ce rendement, Affival investit en R&D. Le dirigeant ne donnera toutefois pas de chiffre précis : « Au global, nous investissons environ 1,5 million d'euros chaque année, dont 1 million à Solesmes, dans le développement de notre capacité, le développement de nouveaux produits, la sécurité, le confort et aussi cette année dans le système informatique ». Avec une équipe de 11 personnes en R&D, Affival vise « le dépôt de deux à trois brevets par an » et sort un nouveau produit tous les un à deux ans. Associé à une équipe commerciale de 10 personnes, cet effort d'innovation a conduit « à une résilience de l'activité », selon les mots du directeur général. Une résilience d'ailleurs récompensée par le « Prix coup de coeur du jury » lors des Trophées Leadexport 2016. Franck Delavaquerie ajoute qu'en 2016, l'activité d'Affival a évolué à la hausse, ce qui ne se reflétera toutefois pas dans le chiffre d'affaires, impacté par la baisse du prix des matières premières. « Nous serons sur une soixantaine de millions d'euros, ce qui est en ligne avec les attentes et le budget ». Et côté rentabilité, « nous avons toujours dégagé des profits, sauf en 2009, en raison de la crise que nous avons voulu surmonter sans licenciements », indique le directeur général. Avant de conclure : « Dans un marché qui ne va pas bien, nous n'allons pas trop mal ».

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