Eurial : Le groupe laitier prépare l'après quotas
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Eurial : Le groupe laitier prépare l'après quotas

Lait Avec la disparition des quotas laitiers, Eurial se prépare à collecter 120millions de litres de lait supplémentaires. Relations avec les producteurs, adaptation de l'outil industriel, nouveaux débouchés: Olivier Prételat, directeur général d'Eurial, dévoile les prochains défis du groupe coopératif nantais.

En 2015, les quotas laitiers, mis en place en 1984 par l'Union européenne, disparaîtront. Pour le groupe coopératif Eurial, la fin de ce système de régulation du marché devrait engendrer la collecte de 120millions de litres de laits supplémentaires à l'horizon 2020. Cela représente 12% des volumes actuels du Nantais, qui transforme un milliard de litres de lait de vache et de chèvre, issus de 2.500 exploitations situées dans onze départements de l'Ouest. Un surplus que le groupe se prépare déjà à absorber.




Accord avec les producteurs

La suppression des quotas entraîne la création d'une nouvelle règle du jeu, le gouvernement souhaitant encadrer par contrat les relations entre agriculteurs et industriels. Chez Lactalis, les négociations entre les deux parties s'enveniment, les producteurs attaquant même le groupe mayennais en justice. Chez Eurial, le climat est beaucoup plus serein. «Nous avons abouti à un accord en juin2011 sur le prix des suppléments de lait. Mais, les relations sont particulières chez Eurial puisque les producteurs sont sociétaires des quatre coopératives qui forment le groupe (NDLR: Colarena, Ucal, Poitouraine et La Gâtine)», explique Olivier Prételat, directeur général d'Eurial.




14millions d'investissement

Le surplus de lait amène également le groupe à adapter son outil industriel. Pour cela, il vient de lever 8,5millions d'euros dans le cadre d'une émission obligataire souscrite auprès du Crédit Agricole (via CA Agroalimentaire et deux caisses régionales), Unigrains et Sofiprotéol. Cette opération permet au Nantais d'investir cette année quatorze millions d'euros -autant qu'en 2011- dans son outil industriel. Quatre millions d'eurosseront ainsi injectés dans la modernisation de l'usine de la Chapelle-Thireuil (79), spécialisée dans la transformation de fromages de chèvre. D'autres investissements seront réalisés dans le Sud de la Vienne ainsi que dans l'achat des premiers camions de collecte de lait de 44tonnes. L'extension de l'usine HCI d'Herbignac, qui fabrique de la mozzarelle, est, elle, toujours en réflexion.




Le défi de l'export

Autre enjeu majeur pour le groupe coopératif: il va lui falloir trouver de nouveaux débouchés pour écouler la hausse de la production générée par la disparition des quotas laitiers. Olivier Prételat compte avant tout sur l'international où Eurial tire déjà 23% de ses revenus, grâce à la mise en place de six filiales - parfois gérées avec des partenaires - aux États-Unis, en Belgique, en Espagne, en Pologne, en Grande-Bretagne et en Allemagne. «Nos équipes export vont jouer un rôle clé», appuie le dirigeant. La demande ne manquerait pas. «Le marché mondial est correct. La constitution d'une classe moyenne qui a du pouvoir d'achat dans des pays comme la Chine, l'Inde et le Brésil crée un appel d'air», poursuit Olivier Prételat. Et cet appel d'air contribue à la croissance d'Eurial. Également impacté par l'intégration de La Gâtine et par la hausse du prix du lait, le chiffre d'affaires du groupe nantais (810millions d'euros) affiche ainsi une progression de 28% en 2011. «Les experts nous disent que les besoins mondiaux vont augmenter. Mais les valorisations ne seront pas forcément aussi stables que sur le marché européen», poursuit le directeur général.




Nouveaux produits

Pour être en adéquation avec les goûts des consommateurs étrangers, Eurial est amené à faire évoluer ses produits. Pas sûr en effetque la saveur d'une bûche Sainte-Maure de Soignon, troisième fromage le plus vendu en France après les camemberts Président et Coeur de Lion, fasse l'unanimité auprès des populations de l'autre bout du monde. Du coup, Eurial exporte beaucoup de mozzarelle, dont il est le premier producteur français, mais aussi des ingrédients laitiers secs ainsi que du fromage surgelé. Cette diversification se poursuit.Le groupe laitier vient de lancer treize nouveaux produits à la marque Soignon. Il s'attaque à deux segments jusqu'alors peu explorés: le fromage frais (crottins et bûches aromatisés ou non) ainsi que les produits à usage culinaire (râpé, cubes et tranches de chèvre). Des segments «en croissance en France, mais surtout à l'étranger où on espère prendre des parts de marchés significatives, notamment avec le chèvre frais», indique Olivier Prételat.




Le Glac encore d'actualité?

Pour aborder des marchés qui se concentrent, le dirigeant n'exclut pas de nouveaux rapprochements, le dernier datant de 2011, avec l'intégration de La Gâtine. En 2010, le groupe envisageait de fusionner avec une coopérative de taille autrement plus importante, Le Glac pour donner naissance au deuxième acteur coopératif du lait en France. L'affaire a depuis capoté. Mais «les choses peuvent encore évoluer. Ce projet a été reporté dans le temps. Il y aura forcément des rapprochements à venir face à des clients qui sont de plus en plus gros. Ce qui compte, ce n'est pas la taille globale, mais la taille dans un marché donné», conclut Olivier Prételat.

Eurial



(Nantes) Dg: Olivier Prételat 1.800 salariés 810M€ de CA en 2011 02 40 68 18 18

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