On dit souvent que la réussite des entreprises de Loudéac est en grande partie due à la volonté des hommes et des femmes qui les dirigent, souvent des Loudéaciens de pure souche. C'est encore plus vrai au sein des établissements Raymond Chevalier, fabricants de charpentes métalliques, pour qui un seul mot d'ordre prévaut dans la gestion des affaires: l'autonomie familiale. Fondée par Raymond Chevalier en 1963, la société est aujourd'hui dirigée par Jean-Marc, son fils aîné. «J'ai toujours su que je travaillerai avec mon père, précise l'intéressé. C'était pour moi une évidence. À 17 ans, j'ai quitté l'école pour intégrer l'atelier. Au fur et à mesure des années, je suis passé par tous les postes. Une vraie formation de terrain.»
Accompagner l'essor de l'agroalimentaire breton
Serrurerie à l'origine, l'entreprise Chevalier s'est rapidement orientée, par opportunité, vers les métiers de la charpente. «Tout a commencé avec une petite extension. Puis en 1973, nous avons emménagé dans les locaux actuels, agrandis en plusieurs phases depuis. Notre activité a accompagné l'essor de l'agroalimentaire. Notre force est de proposer une prestation qui va au-delà de la simple ossature. Nous réalisons également des escaliers, des garde-corps, des passerelles, etc. Dans ce contexte, et pour gagner en réactivité, nous avons décidé d'intégrer plusieurs étapes de la chaîne de conception et de fabrication. Le bureau d'études, qui compte aujourd'hui 12 collaborateurs, est l'un de nos atouts.» Autre preuve de leur autonomie, les établissements Chevalier possèdent leurs propres grues (3) et nacelles (20).
Une intégration de la filière de l'aval... à l'amont
En 1981, l'intégration aval sera poussée à son maximum avec la création de la Sercaa, une seconde société qui permet de construire des projets clés en main, notamment pour l'industrie de l'alimentation. «Cette diversification s'est achevée, un peu naturellement, en 1993.» C'est finalement sur l'amont de la filière industrielle que les établissements Chevalier vont choisir de se focaliser. «Jusqu'à la fin des années 90, nos aciers étaient galvanisés chez un sous-traitant à la Chapelle-Caro. La famille a décidé de créer sa propre unité de galvanisation des métaux. Ainsi est née Galva Industrie, dirigée par mon frère Hervé, qui travaille pour nous mais surtout pour pléthore d'autres clients. Une holding familiale regroupe aujourd'hui les deux entités qui possèdent peu ou prou le même effectif de 100 salariés.»
Le poste de commercial occupé par le patron
Parmi les récentes réalisations du groupe, on trouve l'extension de Bigard à Quimperlé, des bâtiments sur le Min de Rungis en région parisienne, l'usine Géotexia à Saint-Gilles-du-Mené. «D'une zone d'intervention bretonne, nous rayonnons désormais sur la France située à six heures de route de Loudéac. C'est nécessaire pour trouver de nouveaux débouchés, notamment après la récente crise.» La dynamique commerciale, l'entreprise la trouve dans son mode de prospection où tout repose sur son P-dg. «Je prends plaisir à aller voir les clients, à passer les entretiens pour répondre aux appels d'offres, confirme Jean-Marc Chevalier. Quand le patron se déplace en direct, c'est très apprécié et cela fait souvent la différence.» Grandir pour grandir, les établissements Chevalier n'y pensent pas. «Bien sûr que si une opportunité se présentait, nous la regarderions. Mais nous préférerions moderniser l'usine pour faire baisser nos coûts de production.» En moyenne, l'enveloppe d'investissement s'établit à 500.000euros par an. Le prix de l'autonomie pour l'entreprise familiale.
Ets R.Chevalier
(Loudéac) P-dg: J.-M.Chevalier 100 salariés Chiffre d'affaires 2010: 13millions d'euros 02 96 28 03 73