Nouvelle catégorie d'entreprise reconnue depuis la loi LME de 2008, les ETI (entreprise de taille intermédiaire) sont des entreprises dont l'effectif est compris entre 250 et 5.000 personnes, dont le chiffre d'affaires ne dépasse pas 1,5Md€ et dont le total de bilan ne dépasse pas les 2Md€. La France en compte 4.700 dont seulement 47 en Aquitaine. Principalement industrielles, ces entreprises sont à 85% familiales et à 65% installées en province.
12.500 ETI en Allemagne
Par rapport à l'Allemagne ou à la Grande-Bretagne qui en comptent respectivement 12.500 et 10.500, la catégorie des ETI est sous-représentée en France. «Or ces entreprises sont une des clés du succès économique allemand», explique Pascal Blehs, le directeur de l'industrie au conseil régional. Pourquoi? Parce qu'elles sont dynamiques sur leur territoire, qu'elles investissent, qu'elles sont innovantes, qu'elles sont fortement exportatrices et structurent leur tissu économique local. Un état de fait que Philippe d'Ornano, vice-président de l'Asmep ETI, le syndicat des ETI, lui-même directeur général d'une ETI (Sisley), confirme: «Nos entreprises sont fortement implantées en province où elles ont leur centre de décision et sont donc un pôle économique fort pour leur région. En cas de gros temps économique, c'est une sécurité pour le tissu local car ce n'est pas sur son territoire que l'entreprise fera des coupes.»
Des secteurs cibles
Fort de ce constat, le conseil régional souhaite développer le nombre d'ETI en Aquitaine. «Nous ne pouvons pas, comme en Allemagne prendre des participations dans des entreprises stratégiques mais ce que nous pouvons faire c'est créer des conditions favorables, ajoute Pascal Blehs. Nous allons donc identifier les belles PME de la région, au potentiel de croissance important, et mettre en place un accompagnement global pour les aider à grandir: aides financières mais aussi aides à la R & D et à l'innovation, à la formation, conseil pour renforcer leurs fonds propres, soutien à la stratégie de croissance externe...». Les secteurs cibles: l'aéronautique, la santé, la chimie et les matériaux, le bois papier. Une politique volontariste qui ne convainc pas forcément Philippe d'Ornano. «Je ne suis pas sûre que l'on puisse le décréter, en premier lieu, parce que ce n'est pas facile de savoir quelle PME va devenir une ETI, qu'est ce qui va marcher. Mais c'est une politique qui va dans le bon sens. Créer des conditions favorables, c'est important. Pour notre part, nous prônons plutôt des mesures nationales qui portent plus sur une réforme de la fiscalité et de la transmission d'entreprises».
Nombreuses en Allemagne, les ETI (entreprise de taille intermédiaire) sont l'une des raisons du succès économique allemand. Le conseil régional souhaite créer des conditions favorables en Aquitaine pour développer leur nombre.