« ...Et les premiers seront les derniers »

« ...Et les premiers seront les derniers »

Quel gâchis ! Dire que les côtes normandes auraient pu -auraient dû- s'imposer comme le berceau de l'éolien en mer en France. Au lieu de cela, le pharaonique projet des Deux Côtes au large de Dieppe et du Tréport, initié il y a plus de dix ans par la Compagnie du Vent, une PME Montpelliéraine devenue filiale d'Engie (ex-GDF-Suez), semble aujourd'hui suspendu à la décision de l'Allemand Siemens de racheter l'Espagnol Gamesa. Quel rapport, direz-vous ? Et bien c'est très simple : trop faible pour finalement porter seul ses projets offshore, le Français Areva a créé en 2014 avec Gamesa une coentreprise, Adwen, destinée à développer leurs projets communs dans l'éolien. Problème, Siemens qui s'apprête à faire main basse sur Gamesa n'a aucun intérêt à s'encombrer des actifs d'Areva en la matière, alors que le groupe Allemand développe lui-même des turbines concurrentes de celles promises au champ normand. Après deux appels d'offres et autant de débats publics, on peut même se demander si le parc verra le jour ou pas. Car dans les conditions d'attribution de l'appel d'offres figurait notamment la construction d'usines au Havre, point de départ de l'émergence d'une véritable filière industrielle dont la cité Océane devait être la tête de pont. Une séparation imposée (par Siemens) entre Areva et Gamesa sonnerait probablement le glas des espoirs havrais... au moins à court terme. On ose à peine imaginer les conséquences d'un nouvel appel d'offres et son cortège de « ralentisseurs » (nouveau débat public, nouvelle enquête publique...). Et dire que tout avait démarré au large des côtes du Tréport, il y a maintenant plus de dix ans...



Guillaume Ducable @email