Spécialisé dans l'automatisation des processus d'achats et de facturation, Esker mesure dans son baromètre mondial 2026 sur la confiance des directions financières le degré d'autonomie que les entreprises acceptent de confier à ces outils. Menée en août 2026, l'enquête rassemble les réponses de 137 directeurs administratifs et financiers (DAF) basés aux États-Unis, au Royaume-Uni, dans l'Union européenne, en Australie et au Canada, ainsi que de 201 autres responsables financiers, de niveau directeur ou supérieur, exerçant uniquement aux États-Unis et au Royaume-Uni.
Une autonomie maintenue sous validation humaine
Selon l'étude, 32 % des responsables financiers utilisent l'IA pour recommander des actions, ensuite exécutées par leurs équipes. Ils sont 29 % à l'autoriser à agir après validation humaine. Les directeurs administratifs et financiers se montrent plus réservés que les autres profils interrogés. L'étude évalue à 78 % la part de DAF estimant que l'IA ne doit pas exécuter de décisions relatives aux objectifs de chiffre d'affaires, contre 11 % des autres responsables financiers. Ils sont 74 %, contre 17 %, à écarter toute intervention de l'IA dans l'allocation des effectifs et des budgets de recrutement.
Pour l'éditeur, ces réserves tiennent moins à une défiance de principe qu'à une exigence de preuve. Scott McDermott, directeur financier groupe d'Esker depuis janvier 2026, justifie cette prudence : « Les DAF ne rejettent pas l'idée d'accorder davantage d'autonomie à l'IA : ils veulent des preuves de valeur, de la transparence sur les décisions et la certitude que l'humain restera aux commandes lorsque son jugement est déterminant. »
Des coûts en hausse, des bénéfices difficiles à chiffrer
Le baromètre pointe un écart entre dépenses engagées et bénéfices mesurables. D'après l'enquête, 72 % des répondants indiquent que leur entreprise a dépensé plus que prévu dans des initiatives d'IA sur les douze derniers mois. Les DAF sont les plus touchés : trois quarts d'entre eux (75 %) signalent un alourdissement des coûts de logiciels et d'abonnements liés à l'IA, contre 45 % pour les autres profils interrogés. Une proportion comparable, 65 % des DAF contre 40 % des autres répondants, reconnaît avoir du mal à rattacher l'usage de l'IA à des résultats métier tangibles.
Les bénéfices cités restent d'abord opérationnels : 58 % des répondants avancent une productivité améliorée, loin devant l'amélioration des flux de trésorerie, mentionnée par 48 % d'entre eux. Côté freins, la qualité des données arrive en tête pour 48 % des répondants, suivie par une intégration jugée insuffisante entre systèmes financiers et outils d'IA, pointée par 42 %. Enfin, deux tiers des responsables (66 %) savent ou soupçonnent que des collaborateurs de la fonction finance ont recours à des outils d'IA non approuvés par leur entreprise.
Une enquête d'éditeur sans mesure du marché français
Les résultats émanent d'une enquête déclarative réalisée par Esker, qui commercialise elle-même des solutions d'automatisation par IA destinées aux directions financières. L'éditeur y présente également son Synergy Agentic Framework, dispositif d'agents d'IA appliqué aux cycles achats-fournisseurs et commandes-clients.
L'échantillon reste étroit au regard des populations décrites, et limité pour l'essentiel à deux marchés. Hors DAF, les 201 autres répondants, de niveau directeur ou supérieur, sont uniquement basés aux États-Unis et au Royaume-Uni. Esker ne précise ni le mode de recueil ni la répartition des DAF par pays au sein de l'Union européenne, ce qui ne permet pas de savoir si des directions financières françaises figurent parmi les répondants.