«La problématique est la même un peu partout. Mon père, chef d'entreprise, arrivait à la retraite. La question se pose alors de notre avenir, à nous, salariés. On ne voulait pas être comme des enfants d'une famille qui divorce. Les uns qui partent chez les concurrents, les autres qui se mettent à leur compte.On aimait travailler ensemble, on voulait continuer.» «De mon côté, je fuyais l'idée de reprendre la boîte de mon père. Ça ne me paraissait pas aller de soi. Avec deux autres salariés, on a donc commencé à discuter. On a pris un peu de recul par rapport à notre propre entreprise. Voir ce qui nous plaisait, ce qui allait ou pas. «On s'est vite aperçu que seule une partie de l'activité nous intéressait vraiment: les escaliers où nous avions un vrai avantage comparatif sur notre zone, de 40 à 50km autour de Locmaria-Plouzané. Sur le reste, charpente et fenêtres, il y avait beaucoup plus de concurrents.»
Conserver les compétences
«L'idée de la scop s'est imposée. Je ne voulais pas reprendre seul. Nous sommes cinq associés en tout. Daniel Le Gac, Christophe Cabon et moi-même, les salariés et deux autres dit ?extérieurs ?. Un business angel de Rennes, Bretagne Capital Solidaire est venu apporter 20.000 € dont 1.000 € de capital*. Et une entreprise de notre secteur, Rungoat à Pencran, qui a joué un peu un rôle de parrain.» «La scop a aussi un autre avantage: celui de fidéliser les salariés, et donc le savoir-faire. Ce qui est plutôt rassurant dans une reprise. Celle-ci ne peut réussir si on n'a pas les compétences.» «Aujourd'hui, Escaliers Prosper réalise entre 450 et 500K€ de chiffres d'affaires avec neuf salariés et à la fin de cette cinquième année d'existence, nous aurons remboursé notre prêt.»
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La scop doit respecter certaines conditions: 51% du capital et 65% des droits de vote détenus par les salariés-associés, notamment.
Olivier Kerebel ne voulait surtout pas reprendre la boîte de charpente, fenêtres et escaliers de son père. Finalement, c'est en scop, avec deux autres salariés-associés, qu'il a franchi le pas, il y a cinq ans.