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ErVimmune lève 17 millions d’euros pour son vaccin contre le cancer
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ErVimmune lève 17 millions d’euros pour son vaccin contre le cancer

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La biotech lyonnaise ErVimmune franchit un cap stratégique. La société, spécialisée dans les vaccins antitumoraux de nouvelle génération, boucle une levée de fonds de 17 millions d’euros. Objectif : lancer les premiers essais cliniques chez l’Homme de son candidat vaccin contre des cancers réputés difficiles à traiter.

Nathalie Donne, directrice générale d’ErVimmune : "Nous avons réuni les financements nécessaires pour lancer début 2027 la première grande phase d’essais cliniques avec l’objectif d’apporter une preuve de concept." — Photo : DR

La jeune biotech ErVimmune (12 salariés), spin-off du Centre Léon Bérard (Lyon 8e) où elle réside toujours, annonce une levée de fonds de 17 millions d’euros lors d’un premier closing de série A. L’objectif ? Lancer la première phase d’essais cliniques sur des humains de son premier candidat vaccin thérapeutique contre le cancer (cancer du sein triple négatif et cancer de l’ovaire).

Ce tour est mené par son actionnaire historique Seventure Partners, aux côtés d’un nouvel entrant, SPRIM Global Investments, basé à Singapour. SPRIM Global Investments (SGI) est une société d’investissement privée spécialisée dans les sciences de la vie et les services pharmaceutiques au stade clinique.

Des financements non dilutifs de Bpifrance et du plan France 2030 devraient compléter l’opération, positionnant l’entreprise dans la course très disputée de l’immuno-oncologie de nouvelle génération. Au total, la start-up espère lever 20 millions, un montant suffisant pour financer cette première phase d’essais cliniques, qui s’ajoutent aux 6,5 millions d’euros levés depuis sa création. La répartition du capital entre les actionnaires à l’issue de ce tour de série A, dont les managers de l’entreprise, n’est pas dévoilée.

Centre de Recherche en Cancérologie de Lyon — Photo : Copyright CRCL - Photo Franck CHAPOLARD

Vaccin thérapeutique "standardisé"

ErVac01 se distingue par son approche dite " off-the-shelf " c’est à dire qui repose sur une formulation standardisée dont la composition est la même pour tous les patients." Ce vaccin "thérapeutique" sera proposé pour améliorer les traitements actuels et éviter les rechutes pour le cancer du sein triple négatif et celui de l’ovaire", indique le professeur Stéphane Depil, onco-hématologue et chercheur au Centre Léon Bérard et au Centre de Recherche en Cancérologie de Lyon, qui a fondé la biotech en 2019. À l’inverse des vaccins personnalisés, cette approche "universelle" est plus simple d’emploi et facilite l’industrialisation.

Professeur Stéphane Delpil, fondateur d’ErVimmune : "Notre premier vaccin thérapeutique devrait être commercialisé d’ici 2035" — Photo : ErVimmune

" Nous allons pouvoir accélérer le développement de notre premier candidat et poser les bases d’une plateforme thérapeutique plus large pour d’autres indications oncologiques et thérapies, comme les thérapies cellulaires ", ajoute Nathalie Donne, directrice générale de la biotech lyonnaise. À l’issue d’un développement clinique dont la durée est évaluée à plus de 5 ans, le premier vaccin d’Ervimmune devrait être commercialisé en 2033-2035, à condition d’avoir entretemps trouvé le partenaire pharmaceutique capable de financer les coûteuses études de phase 2, sésame pour l’obtention de l’AMM (Autorisation de Mise sur le Marché). Et d’apporter deux ingrédients majeurs pour le succès de la prometteuse innovation d’Ervimmune : une capacité industrielle et force de frappe commerciale pour une distribution mondiale.

Le renfort d’un poids lourd du secteur

C’est pourquoi, en parallèle de cette levée de fonds, la société renforce sa gouvernance avec la nomination d’Éric Halioua au poste de président exécutif du conseil d’administration. C’est un entrepreneur reconnu du secteur des biotechnologies, qui apporte une solide expérience des phases cliniques, des levées de fonds et des partenariats stratégiques. Il a fondé quatre entreprises de biotechnologie. Il est également l’ancien directeur général de PDC*line Pharma, une société au stade clinique qui développait des vaccins thérapeutiques contre le cancer. Plus tôt dans sa carrière, il a dirigé Promethera Biosciences et a été cofondateur de Myosix, qui a été racheté par Genzyme en 2002.

Pour ces entreprises, Eric Halioua a levé plus de 170 millions d’euros auprès de sociétés de capital-risque et de partenaires stratégiques internationaux.

La richesse de son ecosystème

Depuis sa création, ErVimmune a bénéficié du soutien financier de Bpifrance, du Cancéropôle Lyon Auvergne-Rhône-Alpes et de l’Agence Nationale de la Recherche (ANR). Fin 2020, Seventure Partners, un investisseur spécialisé dans les sciences de la vie, a financé un tour d’amorçage, qui a été suivi en 2022 par des subventions de Bpifrance et de l’ANR, et en novembre 2023 par un apport de 2,5 millions d’euros de l’EIC Accelerator. En 2024, la société a reçu le soutien du Paris Saclay Cancer Cluster (PSCC) avant d’intégrer l’année dernière le programme NETVA (New Technology Venture Accelerator) de Bpifrance.

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