L'avenue du Canada à Rennes est connue pour accueillir le siège du Groupe Le Duff, fleuron de l'économie bretonne. Elle portera peut-être chance à Groupe Pandora (365 salariés, 84 M€ de chiffre d’affaires en 2025), expert dans la distribution de marques télécoms et les services IT (informatique), qui vient d’établir son siège sur cette même artère, dans l’immeuble du promoteur rennais Aiguillon. L'entreprise a pris possession d’un grand plateau de travail de 360 m2, avec des bureaux designés sur mesure. "Tous les services support du groupe sont réunis ici, rend compte Stéphanie Ouazza, directrice communication, marketing et RSE de l’entreprise. Il y a les RH, la comptabilité, le marketing, la RSE et les achats." Groupe Pandora a conservé ses précédents locaux de Cesson-Sévigné, à quelques kilomètres de là. L’ancien siège est devenu l'agence opérationnelle du groupe dédiée à l’Ille-et-Vilaine.
De PME à ETI
Fondé en 2011 par Julien Kerlouët, le PDG, Groupe Pandora est sur une phase très ascendante. La société connaît une croissance organique de 30 % chaque année depuis cinq ans et vient de se donner les moyens de peser durablement dans le secteur de l’IT en France. D’une PME de 220 personnes, l'entreprise est en effet devenue une ETI de 365 collaborateurs à la faveur d’un rachat. En effet, courant janvier, Groupe Pandora (pour se distinguer de Pandora, la marque de bijouterie danoise, NDLR) a annoncé l’adossement du nordiste Group-Solutions à sa structure. L’acquéreur a mis la main sur une entreprise de 40 ans d’âge, pesant 35 millions d’euros de chiffre d’affaires et employant 140 salariés. L’opération, au montant confidentiel, a été rendue possible grâce à l’appui de la société de gestion parisienne Entrepreneur Invest, experte dans le financement de PME en croissance, et au soutien des banques.
Derrière Group-Solutions, un rachat stratégique
Group-Solutions est une entreprise originaire de la Somme qui dispose de bases dans les Hauts-de-France, la Normandie et la région parisienne. Ses expertises couvrent les domaines de l’informatique, de la cybersécurité, de la téléphonie, de la sécurité, de l’audiovisuel, des solutions d’impression et de l’imprimerie. En s'offrant cette société, Groupe Pandora se donne l'opportunité de développer son activité hors de son champ d'action historique (le Grand Ouest).
Dans le cadre de ce rapprochement, chaque entité conserve son identité opérationnelle. Une mutualisation progressive des compétences et des outils est prévue par la suite. "On doit continuer à avancer sur des solutions cyber ou de SOC (sécurité). Nos clients sont en attente là-dessus", prévient Julien Kerlouët, 41 ans, qui souhaite que Groupe Pandora soit au rendez-vous sur "le savoir-faire et le service".
"On a montré qu’on savait entreprendre"
Il faut rembobiner quelques années en arrière pour comprendre quel a été l’élément déclencheur du développement de Groupe Pandora. "On a créé plusieurs sociétés (jusqu’à une dizaine de structures avant une réorganisation, NDLR) parce que nos clients nous demandaient des accompagnements plus poussés sur la partie informatique, cyber ou les métiers d’intégration (écrans connectés, salles de visio…). On a montré qu’on savait entreprendre et faire croître de zéro des entreprises", expose Julien Kerlouët. Dans le cadre d’un plan de croissance lancé en 2019, Groupe Pandora a commencé à faire des acquisitions pour acquérir de nouveaux métiers et de nouvelles zones géographiques. Group-Solutions est un (gros) maillon de cette chaine de valeur. Il complète d'autres opérations réalisées ces derniers mois. Citons SIB Ouest (35), en 2024, et Einova (29), début 2025.
Nouveau pacte d’actionnaires
Dans le schéma de transformation de Groupe Pandora opéré derrière le rachat de Group-Solutions, Thierry Mistral-Bertrand, le dirigeant fondateur de la PME nordiste, entre au capital du groupe rennais. Le pacte d’actionnaires est complété par la société parisienne Entrepreneur Invest et la Caisse d’Epargne Bretagne Pays de la Loire. Julien Kerlouët reste l'actionnaire majoritaire de l'entreprise bretonne. Pour accompagner son changement de taille, un comité stratégique vient d'être mis sur pied. "On veut apprendre les codes de l’ETI, réfléchir sur nos process et nos outils. On veut nager correctement dans ce nouvel aquarium", relève le jeune patron. Une adhésion au club ETI Bretagne, qui réunit 74 adhérents, est en cours de réflexion.
Objectif : 100 millions d’euros de chiffre d’affaires
Dans un marché IT en pleine recomposition, Groupe Pandora entend s’imposer comme un acteur structurant, capable de "conjuguer croissance, proximité territoriale et responsabilité humaine". L'ambition est au programme. Sur les trois prochaines années, Groupe Pandora vise les 100 millions d’euros de chiffre d’affaires. Pour atteindre son objectif, Groupe Pandora entend continuer à déployer ses marques sur l’ensemble des territoires où l’entreprise se déploie. "Nous comptons 26 agences dans les territoires, avec dans chaque entité des techniciens et des commerciaux. On rayonne comme cela de la Vendée à l'ouest jusqu’en Franche-Comté à l'est", expose le PDG.
Trois grandes filiales
Au niveau de ses activités, le groupe est structuré derrière trois grandes filiales : Ody-C, qui opère pour Bouygues Télécoms, OBB, pour le compte d’Orange, et Unixo, spécialisé dans la transformation digitale des entreprises. C’est elle qui génère les plus gros revenus du groupe : 31 millions d’euros en 2025.
"Les clients cherchent un guichet unique, un partenaire capable de les accompagner de bout en bout sur la transformation digitale. On fait tout pour qu’une entreprise fonctionne : on va du contrôle d’accès, à la caméra, au réseau, sa sécurisation et l’ensemble du matériel qui va derrière…"
Unixo comme locomotive
Si Unixo est la locomotive du groupe, Groupe Pandora veille à ce que ses autres wagons (ses autres filiales) restent bien accrochés. " On mène les combats simultanément parce qu’on a des directions d’unités autonomes. Chaque agence peut avancer sur du travail pour nos trois filiales, ajouter des équipes, partager ses coûts et réaliser des synergies." Une cinquantaine de nouvelles embauches en 2026 visent à soutenir l’activité en région. Des ouvertures d’agences sont par ailleurs au programme dans la région Centre, à Tours, Orléans ou Chartres. "J’ai de l’énergie et des équipes pleines d’énergie pour déplacer des montagnes. Le champ des possibles est encore large", sourit l'entrepreneur pas près de vouloir tirer le frein à main.