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ppels d'offres français, marché européen
Une nouvelle industrie, celle des éoliennes marines, est en train de voir le jour sur les bords de la Loire. Sa création est liée à deux appels d'offres lancés par l'État, qui vont permettre d'ériger les premiers champs éoliens offshore au large des côtes françaises. En 2011, EDF et Alstom ont raflé trois des quatre premiers champs français, dont celui de Saint-Nazaire qui doit être construit en 2018 et 2019. Le duo est actuellement en concurrence avec GDF et Areva pour réaliser des champs éoliens en Vendée et en Normandie.« Ce sont des investissements très importants. Il faut compter deux milliards d'euros par champ », indique Yvon André, président d'EDF Énergies Nouvelles. Et, contrairement au photovoltaïque, l'État veut que ces investissements profitent à l'industrie et à l'emploi en France. Du coup, des groupes comme Alstom ou Areva investissent massivement pour répondre aux appels d'offres français, mais aussi pour se positionner sur des marchés autrement plus importants, en Europe du Nord et en Grande-Bretagne.
Industrie : les usinesnazairiennes d'Alstom
Pour construire la plus grosse éolienne du monde, actuellement en phase de test au large de la Belgique, Alstom va créer quatre usines, deux à Cherbourg et deux à Saint-Nazaire. Dans l'estuaire de la Loire, les bâtiments de 25.000 m², qui fabriqueront des nacelles et des alternateurs, doivent employer 300 salariés. Ces deux usines seront opérationnelles cette année et doivent aussi répondre aux besoins des marchés étrangers.
Sous-traitance : premiers marchés pour Néopolia
Le marché de l'éolien offshore devient aussi une réalité pour les PME. Quatre PME du cluster nazairien Néopolia, qui regroupe 165 entreprises employant 13.000 salariés, ont ainsi décroché un premier marché de 1,5 million d'euros pour la réalisation d'une partie des fondations de la sous-station électrique que STX réalise pour Dong pour un champ éolien situé au large des côtes anglaises. Et, pour les champs français, Néopolia a aussi remporté un marché auprès d'Alstom. Il porte sur une « berceuse » de nacelle, un équipement de plusieurs tonnes servant à transporter les nacelles des éoliennes marines.
Assemblage :Saint-Nazaire bat Brest
Les ports de Brest et de Saint-Nazaire se disputaient l'accueil d'un « hub logistique » qui servira à assembler les 80 éoliennes offshore qui vont voir le jour au large de Saint-Nazaire. Finalement, le consortium a retenu un terrain de près de quinze hectares situé sur le port de Saint-Nazaire. L'aménagement du terrain nécessite dix millions d'euros d'investissement de la part du port, auxquels s'ajoutera la pose d'équipements de levage. Cette décision va permettre de créer deux cents emplois à Saint-Nazaire, selon Christophe Clergeau, vice-président du conseil régional des Pays de la Loire en charge de l'économie. Cette base pourrait également être utilisée par le futur champ éolien vendéen.
R & D :Alstom choisit Bouguenais
En plus de ses deux usines nazairiennes, Alstom va installer un centre de R & D en Loire-Atlantique. Jérôme Pécresse, président d'Alstom Énergie, a annoncé que ce centre verra le jour en 2015 dans un immeuble neuf de près de 5.000 m², qui sera situé à Bouguenais, à proximité de l'Institut de recherche technologique Jules Verne. 200 à 250 salariés d'Alstom prendront place sur le site, qui sera consacré à la R & D sur les énergies marines renouvelables, comprenant aussi bien l'éolien, posé et flottant, que l'hydrolien.
Énergie EDF et Alstom se préparent à construire les éoliennes des futurs champs français. Ces marchés vont créer des milliers d'emplois industriels dans la région. Revue d'effectifs.