Depuis deux ou trois ans, elles ont rejoint le champ lexical de nos politiques, des acteurs économiques, des spécialistes de l'entreprise. Les ETI - pour entreprises de taille intermédiaire - sont citées à tout-va. Elles sont aussi et surtout érigées comme l'exemple à suivre pour un pays - la France - en mal de compétitivité. Remède à tous nos maux face à une Allemagne - une fois de plus - qui en compterait deux fois plus. Pourquoi autant de louanges? Parce que de par leur taille - entre 250 et 4.999 salariés pour un chiffre d'affaires ne dépassant pas 1,5milliard d'euros et un total bilan inférieur à deuxmilliards - elles présenteraient plusieurs vertus: capacité à exporter, à investir en recherche et développement et propension à une gestion plus souple que les grands groupes. C'est la Loi de Modernisation de l'Économie (décembre2008) qui a introduit cette nouvelle catégorie d'entreprise à des fins statistiques. Partant des critères définis par celle-ci, la Chambre de commerce et d'industrie de Bretagne (CCIR) vient de publier la première étude* sur le sujet pour la région. Le Journal des Entreprises en publie en exclusivité la liste (page ci-contre.
Les plus de 1.000 salariés bien représentées
Si l'on s'en tient strictement aux définitions introduites par la loi, la Bretagne comptait, début 2011, 151 ETI, soit un peu moins de 5% du total d'ETI en France. Premier enseignement, si les ETI bretonnes ont des effectifs plus proches des 250 salariés, la proportion de celles employant plus de 1.000 collaborateurs est supérieure à celle relevée au niveau national (21% en Bretagne contre 12% en moyenne en France). Parmi celles-ci, «les entreprises de services sont bien représentées, notamment dans les activités de nettoyage», commente Blandine Renier, chargée d'études économiques à la CCIR. Agroalimentaire oblige, le poids de l'industrie dans l'emploi des ETI est plus élevé en Bretagne (40%) que dans les autres régions françaises (29%). Toujours côté emploi, bon point pour la Bretagne, elle occupe la première place des régions en terme de part de salariés travaillant dans une ETI. Avec 117.400 salariés, les quatre départements bretons contribuent ainsi pour 6,5% du total de l'emploi des ETI des régions métropolitaines. «C'est à mettre au regard d'une proportion de 4,4% pour le PIB, 4,9% pour l'emploi total et 5,1% pour la population», commente la chambre consulaire.
Attraction des pôles urbains
Sur le plan géographique, on voit clairement que les pôles urbains attirent les ETI. Brest et Rennes en concentrent ainsi 15%. Au plan départemental, c'est l'Ille-et-Vilaine qui occupe la première place, en accueillant 40% des ETI bretonnes (11% pour les Côtes-d'Armor, 13% pour le Morbihan et 32% pour le Finistère). «Il y a une légère surreprésentation, mais c'est conforme au poids de l'Ille-et-Vilaine sur d'autres indicateurs», précise Blandine Renier. Forte de cette première étude régionale - l'une des très rares en France - la CCIR va poursuivre ses investigations. Dans les prochains mois, «l'idée est de s'attarder aux spécificités de ces ETI», annonce Blandine Renier. «Pour savoir notamment si elles ont des performances différentes en terme d'innovation ou d'internationalisation.»
* L'étude est consultable sur www.bretagne.cci.fr
ENQUÊTE Bien souvent citées en exemple, les désormais fameuses ETI seraient le modèle à suivre pour sortir la France de sa mauvaise passe.
Pour la première fois, la CCI régionale publie une étude sur le sujet. Le Journal des Entreprises vous en dévoile la liste.