Entreprises de services : En mal de reconnaissance
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Entreprises de services : En mal de reconnaissance

Nombreuses, en général de petite taille, dans des métiers atomisés, les entreprises bretonnes de services aux entreprises peinent à s'organiser en grande filière, et donc à se faire reconnaître. Dans ce contexte, comment exister face à une industrie bretonne toute puissante, bien organisée et plutôt homogène? C'est tout l'enjeu qui se dessine pour les entreprises de services aux entreprises.Et c'est l'objectif de la CRCI Bretagne, qui lance pour la troisième année sa Semaine des Entreprises de services BtoB.En partenariat avec Le Journal des Entreprises. Philippe Créhange et Virginie Monvoisin

23.000 entreprises sur 175.000 sociétés immatriculées en Bretagne. 185.000 emplois, soit un emploi salarié sur quatre. Les entreprises bretonnes de services aux entreprises n'ont pas à rougir de leur poids économique. Au contraire même puisqu'elles sont finalement le premier créateur de valeur ajoutée dans l'économie régionale. Et pourtant, en tant que filière professionnelle, que pèsent-elles finalement face à une industrie extrêmement bien organisée et dotée d'une capacité de lobby immense? Certainement peu. Un constat sans appel qui s'explique par plusieurs facteurs. D'abord, «une de leurs caractéristiques est qu'elles sont de petite taille. On est sur de la TPE, avec des métiers très atomisés. Elles ont donc une visibilité moindre», relève David Cabedoce, président de la Commission régionale services à la Chambre régionale de commerce et d'industrie de Bretagne (CRCI) et élu à la CCI du Morbihan. En effet, comment organiser une filière qui rassemble pêle-mêle du conseil, de l'informatique, des transports ou encore de la sécurité et du nettoyage? «C'est un monde assez peu connu car pas homogène, souligne Michel Sorel, directeur du développement des entreprises à la CRCI Bretagne. Ce sont des entreprises orphelines en terme d'organisations professionnelles. Elles demandent donc du soutien. Les entreprises de services nous disent d'ailleurs qu'elles ont un besoin d'accompagnement.»




«Les faire connaître de la puissance publique»

En organisant pour la troisième fois une Semaine des entreprises de services B to B (lire ci-contre), le réseau consulaire breton tente donc de braquer les projecteurs sur cette population. Objectif: la «faire connaître des entreprises, mais aussi de la puissance publique», indique Michel Sorel. L'an passé, la CRCI avait déjà ?sévi?en lançant son annuaire des entreprises de services aux entreprises clic-services-bretagne.fr. Un portail qui a recueilli plus de 18.000 connexions depuis sa mise en ligne. Nicolas Cavagni, en charge de la communication de la CRCI insiste. «Un territoire où il n'y a pas d'entreprises de services, ça n'attire pas les autres, et les fait même fuir.» Et Michel Sorel d'ajouter: «faire appel à ces entreprises, c'est avoir un recours à de l'intelligence vive.» Y compris dans le cas d'une société de nettoyage? «Détrompez-vous, les entreprises de nettoyage apportent de la méthode et de la qualité. Ce sont des gens qui ont une expérience qualité affinée. Les entreprises qui nettoient par exemple les usines d'agroalimentaire doivent rentrer dans une démarche sécurité et qualité optimum.»

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