Enise : Une fondation en projet

Enise : Une fondation en projet

L'Enise devrait prochainement changer ses statuts et enclencher dans la foulée la création d'une fondation. Objectif: ouvrir l'école aux entreprises et augmenter ainsi ses ressources.

Établissement public à caractère administratif (EPA), l'École nationale d'ingénieurs de Saint-Étienne (Enise) pourrait prochainement changer de statut pour devenir un Établissement public à caractère scientifique, culturel et professionnel.




Un budget annexe

Cette évolution, qui s'inscrit dans le cadre de la loi LRU, devrait permettre à l'Enise d'acquérir une plus grande autonomie et surtout de mener à bien son projet de fondation. «Tous les clignotants ministériels ne sont pas encore au vert, mais cela fait effectivement partie des évolutions que l'on souhaite apporter au sein de l'école», confie Bernard Laget, directeur de l'Enise. Et de poursuivre: «Avant, les fondations fonctionnaient à côté des établissements et il n'était pas toujours évident d'organiser dans un cadre réglementaire les relations entre l'école et ses partenaires financiers. Avec la loi LRU, la fondation devient une composante de l'école. Elle n'a pas de personnalité morale, mais une autonomie de gestion à l'intérieur même de l'établissement». Et c'est bien ce point qui intéresse tout particulièrement le directeur de l'Enise. «Cela veut dire qu'au bout du compte, il y a une consolidation entre les deux budgets. C'est un peu le même fonctionnement que pour les collectivités. La fondation intervient comme un budget annexe. Elle reçoit des financements de ses contributeurs, elle a des dépenses, elle bénéficie des moyens de l'école et peut s'appuyer sur celle-ci pour mener certaines missions», détaille le directeur.




Ouvrir l'école aux entreprises

Derrière ces explications un brin technique, l'objectif visé est bien d'attirer de nouveaux partenaires financiers en ouvrant un peu plus l'école aux entreprises. Partenaires qui en versant de l'argent à la fondation bénéficieront de mesures de défiscalisation. Autre point non négligeable, «la fondation aura sa propre gouvernance et l'idée c'est que cette instance joue un rôle de conseil d'orientation stratégique de l'école», expose Bernard Laget. En claire, les PME et grands groupes qui mettront la main à la poche auront un droit de regard sur les orientations prises par l'établissement notamment dans le domaine des formations. «De par ses relations avec le tissu industriel local et national, l'Enise a toujours pris en compte les besoins des entreprises. La Fondation permettra de formaliser ces relations et d'aller plus loin pour répondre aux attentes des entreprises», argumente le directeur. Et de préciser: «Le danger serait effectivement d'aboutir à des formations maisons, mais on sera très vigilant sur les attributions du conseil d'orientation stratégique et sur son implication dans la gestion de l'école». Pour l'heure, Bernard Laget est dans l'attente du décret de modification des statuts de l'Enise. «Il devrait intervenir avant la fin du printemps. Nous pourrons ensuite enclencher le projet de fondation avec pour objectif de démarrer à l'automne», conclut le directeur.