En 2013 la consommation d'électricité en Haute-Normandie aura représenté 7,6 TWh (terawatt/heure). Un chiffre en augmentation « significative » de près de 3 % sur un an que le délégué régional de RTE, Jean-Louis Muscagorry, impute autant à l'activité économique qu'à un hiver particulièrement rigoureux. Fait marquant, 6 % de cette consommation est directement liée à la production d'énergies renouvelables. Une tendance qui devrait s'accélérer dans les années à venir, tant par le développement de l'éolien terrestre (objectif de 1.000 MW contre 250 MW installés aujourd'hui) que par celui de l'éolien en mer. En attribuant au consortium mené par GDF-Suez le futur parc au large du Tréport, le gouvernement a donné le feu vert d'un des plus importants chantiers de RTE dans la région pour les années qui viennent. « Le raccordement des champs de Fécamp (attribué lors du premier appel d'offres) et du Tréport va nécessiter des investissements en termes de réseaux », explique le délégué régional.
350 M€ pour le raccordement de Fécamp et du Tréport
Pour le premier champ, le montant prévisionnel des travaux s'élève à quelque 200 millions d'euros pour environ 50 km de câbles sous-marins et sous-terrains ; le tout pour une mise en service à l'horizon 2019. S'agissant du Tréport, la note est un peu moins salée, de l'ordre de 150 millions d'euros avec un décalage de deux ans dans le calendrier des opérations. « Le coût du raccordement représente généralement entre 15 et 20 % du coût total du projet », détaille Jean-Louis Muscagorry. Un coût qui dépend bien évidemment de la distance à parcourir : c'est pour cela que le raccordement du parc de Courseulles-sur-Mer (14) ne coûtera « que » 130 millions d'euros. Beaucoup moins que pour les parcs haut-normands... Ainsi que pour celui de SaintNazaire, le plus éloigné des côtes dans l'ensemble des zones retenues.
Réseau dense, coût moindre !
À terre, la qualité des réseaux existants impacte également le coût de l'ensemble. « Clairement, Le Tréport sera moins cher que Fécamp car le réseau est déjà proche ». D'une manière générale, l'argument compte fortement dans la désignation des zones éligibles au développement de parcs en mer : « le réseau haut-normand est dense, ce qui offre les coûts de raccordement les plus bas de France au producteur », note à ce propos le délégué régional de RTE. Au final, RTE prévoit d'investir 580 millions d'euros dans les cinq ans à venir, tant pour le raccordement des champs en mer que pour le chantier de sécurisation de l'approvisionnement de la capitale régionale actuellement en cours. Au Havre, ce sont 45 millions d'euros qui seront consacrés à la pose de câbles nouvelle génération sur la zone portuaire d'ici 2018.
Guillaume Ducable
Le gestionnaire du réseau électrique qui investit cette année près de 45 M€ a déjà chiffré le coût du raccordement des fermes éoliennes de Fécamp et du Tréport.