Officiellement, à la CCI, on ne souhaite pas aujourd'hui commenter le rapport de l'IGF. Mais dans l'entourage de Guy Canu et Jean-Pierre Appert, comme finalement dans beaucoup de services de la chambre consulaire, on se demande aujourd'hui pourquoi l'Inspection générale des Finances a jeté son dévolu sur l'organisme rennais. Surtout, moins d'un an après un rapport rendu, lui, par la cour régionale des comptes sur cette même CCI et qui ne notait pas d'irrégularités notoires.
Des fuites organisées?
De là à penser que certains en voudraient directement à la CCI de Rennes, son président ou son directeur général? Certains n'hésitent pas à franchir le pas. «Surtout quand on sait que dans 90% des cas, c'est sur dénonciation que les inspecteurs de l'IGF se déplacent», souligne une source proche de la chambre. Une suspicion qui s'ajoute à d'autres éléments troublants. En février de cette année, soit deux mois avant la publication officielle du rapport, une brève dans les pages ?Confidentiel? du magazine Challenges signalait la sortie prochaine d'un «rapport accablant» sur la CCI de Rennes, sans en dire plus. Et puis quelques jours après la réception par la chambre des quatre volumes, c'est le journal Ouest-France qui publiait certains éléments du rapport. Ouvrage censé être hyper confidentiel et qui, en théorie, doit être entre les mains des seuls ministre des Finances, président de chambre, préfet et procureur. «Ça fait beaucoup d'éléments qui font penser qu'on lui veut du mal», poursuit-on de même source. Mais qui pourrait ainsi en vouloir à la CCI et aurait diffusé ces éléments à l'extérieur? Des collaborateurs de la chambre en bisbille avec la direction? Une agence concurrente à Potion Magique? Des opérateurs souhaitant récupérer la gestion de l'aéroport de Saint-Jacques alors que le conseil régional a lancé son appel d'offres? Des candidats à la succession de Guy Canu tandis que se profile la réforme des chambres de commerce? Avenue de la Préfecture, on n'a pas la réponse...