L’année 2024 sera-t-elle une année d’accélération pour Eaden ? L’entreprise sarthoise spécialisée dans le big data et l’intelligence artificielle en agriculture concrétise en tout cas plusieurs projets. Déjà à l’occasion du Space à Rennes, le plus grand salon d’Europe dédié à l’élevage mi-septembre, Eaden va présenter une brouette automotrice intelligente. L’outil a reçu un Innov’Space. Ce prix qui récompense les innovations les plus pertinentes au service des éleveurs est décerné par un jury de professionnels en amont du salon. Le Space devrait servir de rampe au lancement commercial de ce produit.
Une brouette d’élevage avec reconnaissance faciale
Eaden a mis au point cette brouette connectée avec ECS49. Ce distributeur de matériel agricole en Maine-et-Loire conçoit du petit matériel pour réduire la pénibilité en élevage, en l’occurrence une brouette automotrice à poste marchant pour la distribution d’aliment pour bovins. Cette distribution devient plus précise, grâce à l’apport d’Eaden qui a intégré un système de reconnaissance faciale des bovins : "Cela permet de verser la bonne quantité d’aliment à l’auge par vache. Ce qui permet d’optimiser les coûts liés à la nourriture et la performance laitière individuelle."
Ce type d’objets connectés et les logiciels d’enregistrement des pratiques agricoles sont de plus en plus nombreux dans les exploitations. Ils augmentent ainsi sans cesse les données numériques disponibles. Celles-ci constituent un gisement encore sous-exploité, selon Thomas Decers. Cet ingénieur agronome de formation a créé Eaden en 2018 au Mans dans le but d’analyser ces données et réduire le temps de travail et la charge administrative dans le secteur agricole.
Un modèle en B to C
Le dirigeant de 34 ans a déjà mis au point un logiciel qui identifie les données des documents pour en éviter la saisie. En 2024, Thomas Decers espère aussi finaliser "une application sous licence pour les entreprises de travaux agricoles". Un moyen d’automatiser les devis et factures et de mieux appréhender la pertinence des coûts et achats de matériel au regard des prestations.
Les services d’Eaden ne s’adressent pas directement aux agriculteurs. "Nous travaillons en BtoC avec les entreprises intermédiaires : des entreprises de conseil en élevage et en gestion des exploitations, des coopératives, des instituts techniques, des experts forestiers, etc.", explique le dirigeant sarthois.
Ses interventions sont effectuées sous trois formes : le développement de solutions informatiques, mais aussi le conseil et la formation.
Un développement progressif
Fils d’agriculteurs, l'entreprise de Thomas Decers s’est longtemps développée grâce au bouche à oreille. "Mais depuis un an, nous avons intégré un responsable commercial", indique-t-il. Seul à la création, l’entrepreneur a embauché régulièrement à partir de 2020. Il emploie désormais trois salariés, deux consultants externes et a intégré deux alternants en septembre. "Nous devrions réaliser autour de 300 000 euros de chiffre d’affaires en 2024" prévoit-il.
Vers de nouveaux marchés
Eaden pourrait également élargir sa clientèle au-delà du monde agricole. "Nous venons de faire un audit pour l’Ifremer sur les données halieutiques et nous les accompagnons sur la question des données dans la mise en place d’une application interne", donne le dirigeant en exemple.