Pour les cadres, 2014 a été un meilleur cru que 2013. En effet, d'après l'étude Attractivité et emploi des cadres en Rhône-Alpes, réalisée par l'Apec, le nombre de recrutement a été supérieur aux prévisions faites l'année précédente (environ 10 %) et également aux résultats enregistrés effectivement en 2013. « On a assisté à l'inflexion d'une tendance et nous sommes revenus au niveau de 2012 », souligne Anne-Claire Viémont, déléguée territoriale Rhône-Alpes Auvergne de l'APEC. Et la tendance reste positive pour 2015 puisque d'après les 1.000 entreprises interrogées en fin d'année 2014, ce sont quelque 15.690 postes au minimum qui devraient être pourvus. Des données à relativiser toutefois car la même étude donne des éléments précis sur les profils recherchés. Et si les cadres disposant d'un à dix ans d'expérience continuent de capter l'attention des recruteurs (57 % des recrutements), jeunes diplômés (21 % des recrutements) et personnes avec plus de 20 ans d'expérience professionnelle (seulement 6 % des recrutements) tirent moins bien leur épingle du jeu. Pour ces derniers le volume d'embauche sera en léger recul en 2015 par rapport à 2014.
Priorité à l'informatique et à la R & D
En termes de fonctions, les besoins seront également disparates. L'informatique et la R & D devraient encore largement contribuer au dynamisme de l'embauche (respectivement 23 % et 19 % des postes). De façon plus transversale, les profils commerciaux continueront à bénéficier d'un marché de l'emploi dynamique. À noter que près de 64 % des recrutements concerneront les activités de services. Côté industrie où le bassin lyonnais tente de rester dynamique, le marché de l'emploi cadre a toutes les chances de se maintenir et de concentrer environ 21 % des nouvelles intégrations. « Ces tendances sont relativement similaires à celles observées à l'échelle nationale. On note tout de même le plus important dynamisme industriel de notre région qui favorise des embauches dédiées à ce pan de l'économie », atteste Anne-Claire Viémont. Les inégalités au niveau de l'emploi cadres touchent aussi à la zone géographique d'activité. « 6 cadres sur 10 travaillent à Lyon ou à Grenoble », précise Anne-Claire Viémont. Les deux métropoles concentrent respectivement 136.700 et 55.600 cadres. Les autres villes à l'instar de Saint-Étienne, Annecy, Valence souffrent d'un problème d'attractivité.
Des cadres trop peu en alerte
En résumé, un cadre dans l'informatique avec 4 ans d'expérience recherchant un emploi à Lyon trouvera facilement chaussure à son pied car les conditions de marchés lui sont favorables. Pour les autres, l'APEC demeure persuadée de la nécessité d'opérer une veille sur son secteur. « Bien souvent, cette analyse se fait dans l'urgence après un licenciement par exemple. Alors même qu'il paraît essentiel de rester en alerte sur son marché de l'emploi et de régulièrement veiller à développer ses compétences et même à en acquérir de nouvelles », soutient Anne-Claire Viémont. Pour mener à bien cette démarche, les cadres peuvent identifier des interlocuteurs en mesure de les guider (Apec, coachs privés...). Ces derniers interviennent notamment pour les aider à travailler sur leurs compétences, à vérifier quelles habiletés répondent à une demande des différents employeurs de leur région ou encore à s'orienter vers de nouveaux métiers où leur expertise sera reconnue. Parfois même, ces spécialistes les encouragent à se tourner vers des domaines pour lesquels ils ont moins d'appétence naturelle lorsque ceux-ci se montrent appréciés par les recruteurs. « Les évolutions en cours de carrière sont devenues légion. Un projet unique de vie professionnelle n'est aujourd'hui plus envisageable. Les cadres doivent réellement prendre le temps de s'occuper de ces questions relatives à leur parcours professionnel », poursuit Anne-Claire Viémont. La moitié des cadres en activité ont, d'après l'Apec bien compris qu'en anticipant leurs évolutions, ils se mettaient moins en danger sur le marché du travail. En outre, « avec la réforme autour du compte personnel de formation, les cadres sont devenus encore plus maîtres de leur destin. », témoigne Anne-Claire Viémont.
Si Rhône-Alpes reste une des régions les plus attractives pour les cadres, il demeure des inégalités entre les professions, les zones géographiques et les niveaux d'expérience professionnelle.