Emmanuel Macron a remis à François Hollande sa démission de son poste de ministre de l'Economie et des Finances. Il entend ainsi pouvoir se consacrer pleinement à "En Marche", le mouvement politique qu'il a lancé en avril 2016. Pour lui succéder, François Hollande a constitué un "super portefeuille", puisque les fonctions d'Emmanuel Macron sont confiées à Michel Sapin, qui conserve son fauteuil de ministre des Finances et Comptes Publics.
Issu de l'Ena, banquier d'affaires pour Rotschild & Cie dont il était devenu associé en 2010, Emmanuel Macron était rentré dans l'administration Hollande en 2012 et avait notamment œuvré à la préparation du pacte de responsabilité. Il était devenu ministre de l'Économie, de l'Industrie et du Numérique en août 2014. Il avait dernièrement créé le buzz en déclarant lors d'une visite au Puy du Fou qu'il n'était "pas socialiste", parti dont il avait été à jour de cotisation de 2006 à 2009.
Redevenir "libre"
Dans un discours faisant office de bilan de son passage à Bercy, Emmanuel Macron a expliqué qu'il était temps pour lui de devenir "libre" pour formuler un diagnostic et un plan d'action destiné à alimenter le débat de la présidentielle 2017. Il a également confessé avoir, durant son mandat, touché les limites du système politique qui "fait la part belle aux peurs des uns et des autres et produit des solutions imparfaites". Il a également regretté l'échec du sauvetage de l'entreprise Sambre et Meuse et de n'avoir pas pu parfois "amplifier (le) travail de réforme en profondeur de l'économie".
Il s'est néanmoins félicité de "l'immense réussite de la French Tech", d'avoir participé à changer l'image de la France auprès des investisseurs étrangers et d'avoir contribué à redonner à l'Etat "la place qui doit être la sienne", comme "concepteur du cadre", "promoteur de la concurrence pour lutter contre la rente" et pour faire en sorte "que les petits aient leur chance face aux gros".