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Éléments réunit 50 millions d’euros pour muer en producteur exploitant d’énergie verte
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Éléments réunit 50 millions d’euros pour muer en producteur exploitant d’énergie verte

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Le producteur montpelliérain d’énergies renouvelables Éléments finance auprès de 8 banques l’accélération de sa croissance et sa transformation en opérateur de long terme. Il s’oriente aussi fortement vers le marché européen, et notamment l’Italie.

Éléments prévoit de mettre 1 GW de parcs en construction ou en service d’ici 2030 — Photo : Éléments

Après avoir réussi la plus forte levée de fonds régionale en 2023 (montant : 50 M€), la société montpelliéraine Éléments (90 salariés, CA prévisionnel 2027 : 20 M€) réunit la même somme selon une autre modalité. Le producteur d’énergie décarbonée obtient un crédit syndiqué auprès d’un pool de 8 banques : arrangé par le Crédit Agricole du Languedoc, ce financement associe également Arkéa, LCL, Bpifrance, le CIC, le Crédit Coopératif, le Crédit Agricole Centre-Ouest et le Crédit Agricole Champagne-Bourgogne.

Préfinancer les projets ENR

Éléments va ainsi accélérer la construction de son portefeuille d’actifs : après avoir installé 50 MW en France depuis sa création en 2015, il prévoit d’en développer 100 MW de plus d’ici 2027. Une majeure partie de ce crédit syndiqué sera en effet fléchée vers le préfinancement de projets. "Nous pourrons lancer la construction de nos parcs solaires et éoliens en fonction du planning des projets eux-mêmes, et non plus en fonction du financement bancaire", explique Pierre-Alexandre Cichostepski, président d’Éléments.

Un opérateur de long terme

Cette masse critique va aussi permettre à la société de changer de statut. Connue comme concepteur de projets développés à partir de zéro, Éléments va évoluer en producteur exploitant, gardant les parcs dans son patrimoine pour vendre l’électricité produite sur le marché européen. "Dans la composition de nos revenus, l’ingénierie facturée à nos projets excédait jusqu’ici la vente d’électricité. Dorénavant, ce rapport va s’inverser", illustre le dirigeant.

L’Italie en ligne de mire

Sur les 100 MW de puissance à installer d’ici 2027, 80 % des projets concerneront la France, et 20 % l’Italie. En effet, après avoir démarré son internationalisation en 2020 avec des pays tels que la Finlande, l’Allemagne et la Roumanie, Éléments va faire du marché transalpin une priorité dès cette année. "Nous misons sur les pays où les temps d’autorisation sont les plus courts (plus courts qu’en France, NDLR). L’Italie est l’un de ceux qui ont bien transcrit les directives européennes en matière d’énergies renouvelables, si bien que les permis de construire sortent plus vite", observe Pierre-Alexandre Cichostepski.

Identifier les gisements de croissance

Dans son plan de marche à horizon 2030, Éléments prévoit de mettre 1 GW de parcs en construction ou en service, dont 400 MW dans ses divers marchés européens. Si la France absorbe 80 % de ses projets à ce jour, la part du marché national devrait descendre à 30 ou 40 % à cette échéance, tandis qu’elle montera à 20 % pour chaque pays-cible.

En cause : la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), que le gouvernement a publiée en février 2026, après de longs mois de retard. "La PPE n’est crédible que si l’électrification des usages progresse, or elle est en retard en France dans des domaines tels que l’industrie, la mobilité, l’habitat et le numérique. Nous nous orientons vers les marchés européens en croissance sur ces points", justifie le dirigeant.

Un nouveau métier à déployer

Enfin, positionné comme un opérateur multi-énergies (petit hydraulique, éolien terrestre, solaire), Éléments va rajouter une corde à son arc en développant les solutions de stockage sous forme de batteries stationnaires : des conteneurs aménagés pour faire du décalage de production ou pour soutenir le réseau électrique en cas de faiblesse d’approvisionnement. "C’est un nouveau métier pour nous", confie Pierre-Alexandre Cichostepski, qui prévoit néanmoins de déployer 100 MW en France sous ce format.

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