Après une mise entre parenthèses suite aux attentats du 13 novembre qui ont ému la France, les très prochaines élections régionales reviennent au cœur des débats. Tandis que le premier tour approche, les sondages vont toujours bon train : ils se suivent encore et toujours mais ne se ressemblent pas forcément. S'il est passé inaperçu en raison des événements, un sondage Ifop pour Le Figaro, publié le 15 novembre, donnait Xavier Bertrand (LR) vainqueur au 2e tour en cas de duel contre Marine Le Pen (FN), par 53 % des voix contre 47 %. Il a fait couler peu d’encre. Certes, les attentats auront redistribué certaines cartes mais rien n'est encore joué. Un nouveau sondage Ifop pour iTELE, Paris Match et Sud Radio, publié ce mercredi 2 décembre, révèle que le Marine Le Pen (FN) est toujours en position de force mais aussi que Xavier Bertrand (LR) pourrait l'emporter au second tour, en cas de désistement de Pierre de Saintignon (PS). En cas de duel, l’Ifop indique une légère avance en faveur de Xavier Bertrand (50,5%) devançant de très peu Marine Le Pen (49,5%). En revanche, Marine Le Pen l’emporterait dans un duel PS-FN, avec 52% des intentions de vote.
Des patrons inquiets
"J'aimerais que nos politiciens se remettent en cause et s'aperçoivent que si le FN monte, c'est à cause de leurs politiques incohérentes", lance Jean-Pierre Tacquet, dirigeant de la PME Tacquet Industrie à Carvin. Si les dirigeants se l'expliquent, cette montée en puissance ne les inquiètent pas moins. "Si Marine Le Pen devenait présidente de la grande région Nord - Pas-de-Calais - Picardie, le risque est que celle-ci se marginalise. Les investisseurs pourraient se retirer ou ne pas venir", alerte Pascal Boulanger, président du groupe immobilier Pascal Boulanger à Lille. Du côté des Medef Nord - Pas-de-Calais et Picardie, les propos sont plus prudents. La raison ? Il faudra bien travailler avec le parti en place après ces élections, "mais reste à savoir si ce parti voudra travailler avec nous", glisse tout de même Jacques Vincent, président du Medef Picardie. Mais en dépit de cette prudence de mise, l'inquiétude se fait sentir : "Une chose est sûre : le Nord - Pas-de-Calais ne peut pas vivre sans l'international. Il y réalise 38 % de son PIB et plus de 100.000 emplois régionaux sont le fait d'entreprises à capitaux étrangers...," explique Frédéric Motte, président du Medef Nord - Pas-de-Calais. D'autres dirigeants tentent toutefois de rassurer : "Notre région est européenne par nature. On ne peut pas fermer le Nord - Pas-de-Calais à l'international sauf à détruire de l'emploi, ce qui ne semble pas être la volonté des trois candidats en tête", affirmait Luc Doublet quelques minutes avant la soirée de remise des trophées Leadexport à Arras.
Les sujets économiques au cœur des élections
Concernant ces élections régionales, le monde économique a des attentes bien précises : Quelles mesures concrètes pour relancer l'emploi et l'apprentissage? Quel devenir pour les grands projets d'infrastructures comme Le Canal Seine nord Europe ou Le Réseau Express Grand Lille ? Quel engagement autour de la Troisième Révolution Industrielle ? Quelle stratégie globale de logistique ? Comment faciliter davantage l'accès des entreprises aux marchés publics... Autant de questions que le réseau consulaire nordiste adressait en octobre, via 16 questions, à chaque tête de liste déclarée. L'intégralité des réponses apportées par les candidats est disponible ici.