«La CCI de Lyon? Elle me fait penser à l'administration dans ?Les 12 travaux d'Astérix? où plein de gens courent partout sans savoir qui fait quoi!» L'image est sévère et elle vient de Yoann Alarçon, jeune dirigeant de Potager City (Saint-Priest) qui garde un piètre souvenir de son passage à la CCI de Lyon, lors de la création de son entreprise en 2008. Et il n'est pas le seul dans ce cas-là. «Technocratique, inutile, dirigée et animée par des fonctionnaires», voilà en substance l'image de la CCI auprès des entrepreneurs locaux. Une analyse qui se vérifie à l'ouverture des urnes. Lors des dernières élections consulaires, le taux de participation était de 18,6%. La CCI de Lyon compte 60.400 électeurs (67.500 établissements répartis entre 35% pour les commerces, 16% pour l'industrie et 49% pour les services). À Villefranche-sur-Saône, avec 6.660 ressortissants (36% pour les commerces, 20% pour l'industrie et 44% pour les services), le taux de participation atteint 30%. «Plus la CCI est importante, plus le taux de participation est faible», justifie Yann Féminier, délégué aux affaires économiques et à l'environnement du Medef Lyon-Rhône.
Davantage de transparence
Les élections auront lieu dans toutes les instances consulaires jusqu'au 8décembre. Cette année, à Lyon, la bataille fait rage pour occuper le siège que Guy Mathiolon (CGPME) est contraint de laisser. Finie l'union sacrée entre les deux instances patronales qui se partageaient le pouvoir. D'un côté Benoît Soury, actionnaire de La Vie Claire (Chaponost), est porte-voix du Medef Lyon-Rhône. De l'autre, Philippe Grillot, ancien président du Tribunal de commerce de Lyon et actif dans le secteur du transport, est candidat pour la CGPME. Entre petites phrases assassines et attaques personnelles, les électeurs-entrepreneurs attendent du concret. «C'est la première fois que je vais voter, avoue Yoann Alarçon. Je voudrais une CCI qui s'occupe davantage des PME comme la mienne, plutôt que des grands groupes, avec plus de transparence et de visibilité dans ses offres. Je ne sais pas comment elle marche et ni qui contacter. Une PME a besoin d'informations concrètes et rapidement, ce que je ne trouve pas aujourd'hui à la CCI de Lyon.»
«On votera pour eux!»
Philippe Eyraud, président de Mixel (Dardilly) engagé auprès de la CGPME pour l'élection lyonnaise en tant que ?patron patrimonial?, organise des réunions pour convaincre les entrepreneurs de participer au vote. «Je vais voir les chefs d'entreprise pour les inciter à voter. Quitte à ce qu'ils donnent leur pouvoir, on votera pour eux!» Convaincu des bienfaits d'une telle institution qui peut être, entre autres, un véritable levier pour l'export en «chassant en meute», Philippe Eyraud estime que seuls des dirigeants de PME pourront comprendre les ressortissants. «Si on ne double pas la participation, les deux listes auront échoué», pronostique le président de Mixel. L'enjeu est pourtant de taille. Les CCI gèrent des infrastructures d'importance comme l'aéroport Lyon-Saint Exupéry, Eurexpo ou encore EM Lyon pour celle de Lyon, le port de Villefranche et ParcExpo pour celle de Villefranche-sur-Saône. Avec en toile de fond, la représentation à la nouvelle instance régionale, la CCIR.
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