Ekyog : De l'éthique pas en toc
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Ekyog : De l'éthique pas en toc

Deux désirs d'entreprendre et le rejet de l'utilisation massive des pesticides dans la culture du coton. Ce sont les ingrédients qui ont donné naissance à la marque de vêtements Ekyog.

Ekyog, griffe de prêt-à-porter féminin bio, est née de l'envie d'un couple de Bretons, de retour sur leurs terres à Rennes après un ?exil? forcé à Paris. Nathalie Vautier, 37 ans, ingénieur textile et ancienne chef de produit chez Aigle et Reebok, avait traîné ses guêtres dans les usines textiles autour du monde. Et trouvé certains spectacles peu ragoûtants. Son compagnon Louis-Marie, 38ans, diplômé de l'Essec, était plutôt branché nouvelles technologies quand lui aussi, s'est découvert une furieuse envie d'entreprendre.




24% des pesticides absorbés par le coton

C'est Nathalie qui, la première, émet l'idée de se lancer dans les vêtements bio. Louis-Marie, qui n'y connaît rien, trouve l'idée intéressante et décide de consacrer ses soirées à des recherches sur la production de coton. Lorsqu'il découvre que le coton absorbe 24% des pesticides achetés dans le monde pour seulement 2,4% de surface agricole utilisée, il se dit que ça ne tourne pas rond sur la planète, et qu'il va bien falloir changer quelque chose. «À l'époque, on parlait peu de bio, et encore moins de coton bio. Il n'y avait pas non plus de chaînes de production en mesure de fabriquer des textiles écologiques. Nous partions vraiment d'une page blanche!», se souvient le dirigeant. Qu'à cela ne tienne, l'essentiel est d'y croire. La marque Ekyog est née. Le concept est expliqué en long et en large sur 51 pages consultables librement sur leur site internet. En résumé: des vêtements basiques stylés, moyen à haut de gamme, conçus en matières écologiques certifiées et dont la fabrication obéit, de A à Z, à de stricts critères éthiques.




Association Terre d'Ekyog

Chaque année, 10% des bénéfices de la PME sont reversés à l'association Terre d'Ekyog, créée par les dirigeants, et qui finance des projets de scolarisation ou d'accès à l'eau. Quant à la filière de coton bio elle-même, il a fallu des années pour la construire. Pour s'approvisionner, la PME a choisi de traiter directement avec les producteurs, principalement en Inde et à Madagascar. Les vêtements sont fabriqués autant que possible là où se trouve la matière première. Chacune des étapes (transformation, teinture, finition) est passée à la loupe éthique. La production de coton, par exemple, ne connaît ni pesticides ni engrais chimiques, ni OGM. Et la clientèle? Des femmes de tous âges, pas forcément végétariennes, encore moins hippies. Il faut compter 80 à 90euros le pull d'été en coton bio, et dans les 100euros pour une jupe avec imprimé fleuri... Ces prix se veulent respectueux «tant du producteur que du client». Car le coton Ekyog, certifié à 100% bio, s'achète en moyenne 60% plus cher que le coton conventionnel.




Réseau de franchisés sur tout le territoire

Après avoir vendu ses créations via les magasins Nature& Découvertes, Louis-Marie Vautier opte pour un réseau de franchisés et quelques succursales. «C'était la seule façon d'être au contact de la clientèle sans avoir à tisser tout seul notre réseau.» La première boutique ?laboratoire? ouvre en 2006 à Rennes. L'année suivante, le couple reçoit un coup de pouce du Salon de la Franchise en décrochant le trophée des Espoirs de la franchise. Ce titre leur permet de séduire de nouveaux franchisés. Tant et si bien qu'aujourd'hui, la marque compte 45 boutiques réparties sur tout le territoire national. Toutes sont en centre-ville. Chaque magasin obéit à des consignes vertes: mobilier et parquet en bois FSC, certifié par le Conseil international de gestion forestière, moquette HQE (Haute Qualité environnementale), lampes iodures économes en énergie. La cohérence, sur toute la ligne.

Ekyog



Date de création: 2004 Siège: Rennes Effectif: 150 (avec affiliés) CA 2010-2011: 12 à 13M€ www.ekyog.com

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