Lors de son comité central d'entreprise du 18 février, la direction d'EDF a envisagé le scénario d'une fermeture des deux tranches fioul de la centrale thermique de Cordemais à l'horizon 2018. Une mesure similaire concernerait également les quatre unités fioul du site de Porcheville (78) pour laquelle elle s'appliquerait entre 2017 et 2018. Selon la direction d'EDF, « aucune décision n'a encore été prise. Dans un contexte de surcapacité de la production électrique en France et en Europe, et face à des contraintes financières croissantes, EDF a présenté un projet d'évolution de son parc thermique », conduisant à « s'interroger sur l'avenir des tranches fioul dont la vocation est de faire face aux pics de consommation mais qui ne sont plus appelées depuis quelques années alors que leur coût de fonctionnement est élevé. »
Ce projet suscite une vive inquiétude chez les syndicats qui estiment qu'il pourrait entraîner la suppression des 140 emplois statutaires liés à ces tranches fioul ainsi que celle de 400 à 500 emplois induits. Certains craignent même pour l'avenir des tranches charbon. La direction d'EDF assure pour sa part que « le projet entre dans sa phase de concertation qui durera jusqu'à l'été et, qu'en tout état de cause, il n'y aura pas de licenciements ». Les salariés seraient éventuellement redéployés vers d'autres activités ou d'autres sites du groupe. Pour mémoire, rappelons que la centrale de Cordemais a engagé 350 millions d'euros d'investissement en 2014 pour moderniser ses tranches charbon (tranches 4 et 5) et prolonger leur durée de vie jusqu'en 2035. La centrale de Cordemais dispose d'une puissance installée de 2.600 MW, composée de deux unités de production au charbon de 600 MW et de deux unités de production au fioul de 700 MW. La Centrale emploie 450 salariés EDF et 250 salariés de prestataires extérieurs.
Caroline Scribe
Énergie EDF a tenu, en février, un comité central d'entreprise qui envisage la fermeture des deux tranches fioul de la centrale thermique de Cordemais.