Après 18 mois de travail sur le projet, Étienne Lebas vient de créer sa société, Ecoren, un bureau d'études et d'ingénierie dans le domaine des énergies nouvelles. «L'idée d'origine est de mettre sur le marché un nouveau procédé de cogénération, Cogébio, à partir de biomasse, essentiellement des déchets végétaux», explique-t-il. Sa cible: les industries du bois et de sylviculture ainsi que les collectivités publiques, pour leur réseau de chaleur au bois. Sur grande échelle, ce type de procédé existe; l'innovation de Cogébio est d'être adapté à des petites structures, et donc de valoriser des ressources locales en biomasse. «L'intérêt est de valoriser les ressources là où elles sont produites», ajoute l'entrepreneur. L'industriel peut ensuite consommer sa propre électricité ou la revendre. Étienne Lebas a créé son entreprise dans le cade d'un essaimage de l'IFP Lyon, où l'ingénieur, docteur en génie des procédés, a travaillé pendant 14 ans. «J'ai choisi la valorisation de mes travaux de recherche plutôt que de me reposer sur le bon vouloir d'un industriel», argumente-t-il pour motiver sa création d'entreprise. Incubée par Créalys, labellisée Novacité, Ecoren est soutenue par Oseo. Lauréate du concours national de technologie innovante du ministère de la Recherche, dans la catégorie création-développement, elle a obtenu une subvention de 200.000€.
Encore deux ansde développement
Un premier salarié, chercheur en énergie et systèmes, a été embauché. Et Ecoren compte s'appuyer sur l'expertise d'Atanor, une société de conseil et ingénierie dans le domaine de l'énergie (Irigny; quatre personnes), qui s'est associée à la création de l'entreprise. «Nous allons travailler en partenariat sur le développement du procédé Cogébio et réaliser des études en commun», précise le dirigeant. Un prototype est en cours de réalisation et deux ans de développement sont encore à prévoir avant d'aboutir à une version commercialisable. Dans l'attente, et tout en se concentrant sur ce procédé, Ecoren prévoit de réaliser des études de faisabilité dans le domaine des énergies nouvelles pour dégager un chiffre d'affaires. En 2009, Étienne Lebas table sur plus de 100.000 € de chiffre d'affaires. Après... tout dépendra de la politique tarifaire de rachat d'électricité produite à partir de biomasse solide. En France, elle est de 6centimes le kWh, contre 20 à 30 centimes chez certains de nos voisins européens. L'augmentation du prix de rachat du photovoltaïque et de l'éolien a contribué à faire décoller ces filières en France. Ecoren gage qu'il en sera de même pour la biomasse.
Tél.: 04.78.73.27.24.
La start-up installée à Irigny vient de sortir de l'incubateur Créalys pour mettre sur le marché un procédé de cogénération adapté aux petites exploitations.