Entrons-nous vraiment dans une nouvelle économie ? C'était la question posée le 6 juin, lors de la conférence de clôture du programme 56Watt à la CCI du Morbihan à Lorient. Philippe des Robert, conseiller entreprise, bâtiment durable et transition énergétique à la CCI du Morbihan, pilote ce programme. « C'était une initiative des élus de CCI Le but était d'éclairer les entreprises sur ce qui se passera demain, et d'avoir une longueur d'avance. » Concrètement, le programme vise à accompagner les entreprises sur leurs innovations, les dossiers de financement, etc. « Nous pouvons faire de la prospection également. Mais notre idée, c'est d'être déjà dans l'étape d'après ». Qu'elles sont-elles, justement, ces étapes ? « En 2020, tout les bâtiments devront être à énergie positive. ça sera la norme européenne. On le sait depuis 2008, mais à force de dire que ça va arriver, nous sommes déjà en 2015. Et 2020, c'est demain ! », assure Philippe des Robert. Il complète : « Dans le Morbihan, nous avons des pépites industrielles qui travaillent sur ces sujets depuis des années. Ils sont connus dans le monde entier, mais leurs voisins ne savent pas forcément ce qu'ils font. 56 Watt est là pour accélérer la manoeuvre à l'échelle du département. Et puis il ne faut pas se leurrer, ça n'est pas qu'un truc d'écologiste. C'est du business et c'est rentable. »
Des cas concrets en Morbihan
Pour illustrer cette démarche, des entreprises morbihannaises sont venus témoigner. Preuve que l'innovation énergétique est viable. Blue Solutions, Soprat-Père Dodu, Energecie, Nass & Wind, SIL, Vity, Enercat-Irma, autant de réussites bretonnes et départementales qui témoignent de cette viabilité. C'est le cas avec le groupe Charier (260 M€ de CA, 1.400 collaborateurs), dont le siège des activités déchets est basé à Nivillac. L'entreprise a monté un projet de site de traitement des déchets à La Vraie Croix (14 M€ de CA, 52 collaborateurs). Depuis 2012, une centrale biogaz récupère le méthane qui se dégage de la fermentation des déchets organiques. En bout de chaîne, Charier devient producteur d'électricité, et de chaleur. Une chaleur qui part, via un réseau souterrain, vers l'usine Soprat (groupe Doux) à 2 km. Elle utilise cette ressource afin d'économiser du fioul (environ 2.200 litres par an). « C'est un exemple très concret de boucle énergétique locale. On peut presque parler de symbiose industrielle », affirme Hugues Bazan, directeur adjoint et responsable développement. Toutefois, le dirigeant concède que le système est fragile et encore très dépendant des aides publiques. « Les aides sont vitales. Car les énergies sont encore très bon marché. Voire trop bon marché. Ces projets supposent des investissement très lourds. Pour nous cela a représenté 5 M€, sur lesquels nous avons reçu 700.000 € d'aides du fond chaleur de l'Ademe ».
ÉNERGIES La Chambre morbihannaise, via son programme 56Watt, sensibilise les PME aux enjeux de la transition énergétique via la « 3e révolution industrielle ».