Embouteillage d'emballages chez Écofeutre à Naizin. À tel point qu'un projet de deuxième usine est sur les rails pour le printemps 2012. De quoi doubler sa surface actuelle de 2.400m² ainsi que sa production. Un investissement de cinqmillions d'euros, avec 50 créations d'emplois à la clef.
Carton ultra-résistant
Écofeutre cherche aujourd'hui à agrandir sa gamme de références, actuellement d'une trentaine de produits. «Nous cherchons des marchés à volume pour remplir l'usine», souligne Frédérique Cavard. «Nous avons aujourd'hui des demandes très fortes pour tout ce qui concerne le porte-gobelet et les intercalaires cartonnés des briques de lait et de jus d'orange.» Sans oublier les moules pour le BTP. Le matériau d'Écofeutre, c'est la cellulose moulée, sorte de carton à haute densité. Cellulose obtenue grâce à d'impressionnants tas de journaux usagés collectés depuis les communes à la ronde, dans un rayon de 90 kilomètres. Sans passer par la case centre de tri. Cette matière première «recyclable à l'infini» comme se plaît à le rappeler Frédérique Cavard est rachetée à la tonne. «Nous consommons 4.000 tonnes de papier par an et nous voudrions atteindre les 8.000 tonnes l'an prochain», remarque Bruno Deluzet, directeur du site. «Nous travaillons la cellulose selon un procédé proche du thermoformage dans la plasturgie. Un moule trempe dans la pâte et la dépose dans une presse avant que les fibres ne soient pressées.»
Des machines sur mesure
À l'intérieur de l'usine, un bras mécanique cendreux pourvu à son extrémité d'un moule alvéolé manipule avec une précision robotique les futurs emballages. Ici, tout est sur mesure, Écofeutre a lui même conçu ses machines avec un réseau de sous-traitants. Allant même jusqu'à en vendre certaines à d'autres industriels. «Mais nous avons stoppé la conception vente, nous avons suffisamment de travail», remarque Frédérique Cavard. Avec l'inflation autour des cours du pétrole, les industriels du polystyrène et les fabricants d'emballages comme les morbihannais CGL Pack (Gestel) ou Plastobreiz (Auray) ont dû faire accepter à leurs clients d'importantes hausses de prix. C'est là qu'Écofeutre entend jouer sa partition, tout comme les Celluloses de la Loire (Allaire), un concurrent plus frontal. Elle est déjà loin l'époque où la petite firme pontivyenne ne produisait que des boîtes à oeufs telles que celles utilisées par son voisin Ovoteam-Le Cam (marque Matines). Désormais, Écofeutre se fait remarquer chez L'Oréal ou Leroy Merlin... «Nous avons pris un marché avec Mac Donald's à un concurrent car nous savons faire des pièces sécables», souligne Frédérique Cavard. «Nous sommes capables de réduire par quatre ou cinq la place nécessaire pour le stockage et le transport.»
Alain Glon y a déjà investi dxmillions d'euros
Sur une palette, on peut transporter deux fois plus de produits Écofeutre que de cellulose standard. Une performance obtenue par une marche forcée vers l'innovation, la recherche et le développement, avec «des technologies qui ont moins de cinq ans, contre une moyenne de 15 ans dans la cellulose traditionnelle», selon Bruno Deluzet. Alain Glon avoue d'ailleurs avoir déjà investi dix millions d'euros dans cette entreprise depuis sa création en 1998. Aujourd'hui reconnue à l'international, elle y marque aussi des points. L'export représente déjà 12% du chiffre d'affaires d'Écofeutre, avec une présence en Europe, en Russie et en Afrique du Nord...
Écofeutre
(Naizin) P-dg: Alain Glon Effectif: 30 personnes Chiffre d'affaires 2010: 2,6millions d'euros (hors négoce) Tél.: 02 97 27 40 17.