Fabricant à ses origines de machines sous pression pour l'industrie textile, la société Ecodas doit se reconvertir dans les années 90, suite à la crise traversée par ce secteur d'activité. « Nous avions des machines et la maîtrise des process thermiques, le tout était applicable dans d'autres secteurs d'activité », relate Jeff Squali, le dirigeant.Après avoir testé plusieurs secteurs non satisfaisants en raison de la concurrence déjà en place (agroalimentaire ou industrie pharmaceutique, par exemple), le dirigeant trouve chaussure à son pied dans le secteur hospitalier : « Nous avons trouvé une place sur le créneau du traitement des déchets infectieux. La seule solution était l'incinération et aujourd'hui, avec nos machines, nous proposons le broyage et la stérilisation par vapeur d'eau. Les déchets hospitaliers peuvent ensuite rejoindre les déchets ménagers. » Un premier changement de stratégie qui a réussi à Ecodas puisque la société emploie à ce jour une vingtaine de personnes pour un chiffre d'affaires de 7 M€, dont 90 % réalisés à l'export et ce, à travers 65 pays. Et ce n'est pas fini : « si l'on considère le nombre d'hôpitaux dans le monde, le potentiel de développement est immense », affirme Jeff Squali.
Les résidus d'abattoirsAujourd'hui l'histoire se répète : Jeff Squali oriente ses machines vers un nouveau secteur d'activité, non plus sur fond de crise cette fois, mais d'opportunité. « Aux États-Unis, lors de l'homologation de la machine, on m'a demandé ce qui se passerait si les gisements traités étaient pour moitié organiques. J'ai dû faire des tests à partir de déchets de boucheries. C'est là qu'est venue l'idée d'adapter les machines aux abattoirs pour traiter leurs résidus puisqu'il n'existe pas de solutions similaires à celles que je propose avec mes machines. » L'idée également est de produire de l'énergie via la méthanisation de ces résidus, dont profiteront les abattoirs, particulièrement énergivores. Côté investissements, le dirigeant précise que ce ne sera pas très lourd, dans la mesure où il s'agit d'adapter les machines existantes à ce nouveau secteur d'activités. Tout comme dans le secteur hospitalier, le potentiel de développement est important : « Il est possible de doubler le chiffre d'affaires avec cette activité », indique le dirigeant.
La TroisièmeRévolution Industrielle
La seule ombre au tableau, c'est que ce traitement des résidus d'abattoirs n'est pas prévu par la réglementation. Inscrit par ce projet dans la Troisième Révolution industrielle, Jeff Squali compte demander un droit à l'expérimentation afin de prouver dans un premier temps que son projet est réalisable, puis demander la révision des textes de lois. « Je fais la troisième révolution industrielle à mon niveau. Je suis dans le mouvement : à force de faire certaines choses marginales, elles deviennent normales », conclut le dirigeant déterminé.
Ecodas
(Roubaix)Dirigeant : Jeff SqualiCA : 7 M€Vingt collaborateurswww.ecodas.com