Ecoat se prépare à bousculer l'industrie de la peinture et du revêtement. À faire bouger les lignes du marché des polymères (ou résines) pour peinture, estimé à 3 Md€ en Europe, à 18 Md$ dans le monde, sur lequel la start-up grassoise s'invite dotée de produits différenciants d'origine végétale. Une alternative aux traditionnels ingrédients pétrochimiques, proposée à un coût des plus compétitifs. « Les produits bio-sourcés ne se développent pas car ils sont 40 % plus chers que les autres. Nos innovations de rupture, qu'elles concernent la composition des polymères ou leur procédé de fabrication, permettent de vulgariser le bio et de sortir de cette spirale de prix exorbitants, » explique Olivier Choulet, président d'Ecoat. Restait à combler le chaînon manquant, l'industrialisation. C'est aujourd'hui chose faite. Ou presque. D'ici à la fin de l'année, l'entreprise devrait finaliser le choix de son site industriel, selon toute vraisemblance situé au coeur de la Vallée de la Chimie, en Rhône-Alpes. « Il abritera une installation très compétitive, conçue pour produire nos différentes gammes de polymères en gros volumes », dévoile Olivier Choulet, qui table sur une première production de 5.000 tonnes dès 2015. Capacité qui ira crescendo en fonction de l'évolution de la demande. Une cinquantaine d'emplois seront créés dans les cinq ans. La start-up n'envisage toutefois pas de quitter totalement les collines grassoises, où elle souhaite maintenir son activité de recherche. Pour financer ce projet industriel et son déploiement commercial, Ecoat prévoit de lever plusieurs millions d'euros auprès d'investisseurs publics et privés d'ici à janvier 2014.
Innovations de rupture
Fondée en 2011, la start-up a développé une nouvelle génération de polymères ecofriendly à base d'eau et de matières premières végétales, « ayant le même degré de résistance que les ingrédients traditionnels », précise Olivier Choulet. À cela, s'ajoute un procédé de séchage de polymères, déposé en 2011, dont la particularité est de permettre à la peinture de sécher rapidement sans utiliser de catalyseur à base de sels de métaux lourds, tout en améliorant la durabilité des peintures à l'eau. L'engouement des premiers clients s'annonce prometteur, selon le dirigeant : « Nous permettons à la chimie des glycero en solvant tombée en désuétude de renaître de ses cendres sous une forme moderne : à l'eau et sans métaux lourds. » Ecoat offre également aux fabricants de peinture des leviers d'innovation, « soit pour faire des peintures à l'eau ayant un meilleur rendu, soit pour faire migrer à l'eau des applications encore à base de solvant comme les vernis. »
La Chine en ligne de mire
Si l'entreprise, à l'équilibre depuis son premier exercice, table sur un chiffre d'affaires de près de 2 M€ en 2013, porté à 70 % par son activité de distribution, elle prévoit un plan de croissance agressif allant de pair avec la montée en puissance de son usine de production. Ecoat vise dans un premier temps l'Europe, l'Afrique et le Moyen-Orient, qu'elle traitera en direct pour les pays les plus proches, ou en s'adossant à des réseaux de distribution pour les contrées plus lointaines. Puis, viendra le temps de conquérir la Chine, « premier marché au monde où les problématiques de pollution sont telles que la préservation de l'environnement y tient une place de plus en plus sensible. » Ecoat vient d'y poser un premier jalon, en la personne d'un business developer qu'elle partage avec le pôle de compétitivité Axelera et deux PME aux activités complémentaires. Sa mission : développer un réseau ainsi que des partenariats avec des universités sur les peintures d'origine naturelle. « Il faut deux ans pour créer un réseau en Chine. Deux ans, c'est aussi le temps que nous avons pour rendre notre usine pleinement opérationnelle. Le timing correspond. Nous serons alors prêts pour attaquer le marché chinois. »
Ecoat
(Grasse) Dirigeant : Olivier Choulet CA 2012 : 1,2 M€ 12 salariés Tél. : 06 12 84 70 12 @email