Dis-moi quelle vidéo tu regardes, je te dirais quelle publicité peut t'intéresser. C'est en substance la spécialité de l'entreprise sophipolitaine DynAdmic qui vient de lever 3 millions de dollars (2,3 M€) auprès de XAnge Capital 2, le fonds d'investissement dédié aux start-up innovantes de la Banque Postale. La jeune pousse signe-là un premier tour de table d'envergure, conclu début septembre, qui vise à renforcer son activité sur deux marchés cibles, les États-Unis et le Brésil.
Parti prix vidéo-centrique
Fondée en 2012 par Stéphane Bonjean et Bruno Champion, deux spécialistes de la publicité en ligne, DynAdmic a développé une technologie propriétaire permettant, sans utiliser de cookies, d'extraire et d'analyser la piste audio d'une vidéo (reconnaissance sémantique, identification des sons caractéristiques comme le bruit de foule, d'un moteur ou d'un coup de feu) de façon à déterminer en temps réel les thématiques abordées (jardinage, minceur, sport, cuisine, finance, etc.) et ainsi « mettre en avant la bonne publicité sur le bon contenu auprès de la bonne personne », résume Céline Gauthier-Darnis, directrice associée de DynAdmic, en charge de l'Europe. Le curseur de ciblage ne se positionne donc pas sur les données comportementales de l'internaute mais sur les intérêts du vidéonaute. Un « parti pris vidéo-centrique » assumé qui en fait « la seule entreprise à commercialiser des campagnes publicitaires personnalisées et ultra-ciblées basées sur la reconnaissance des contenus vidéo sur internet », revendique la dirigeante, dont le portefeuille client est composé de grandes marques nationales et internationales comme Peugeot, Audi, BNP, L'Oréal, Kellogs..., de plus en plus intéressées par ces technologies issues du Real-time bidding (ou achat programmatique) censées cibler uniquement les internautes jugés pertinents.
Un milliard de pages analysées chaque jour
DynAdmic s'inscrit ainsi dans une tendance en plein essor qui représente à ce jour 40 % du marché de la publicité digitale. Le principe ? Des places de marché publicitaires mondiales mettent aux enchères des inventaires que des sociétés comme DynAdmic analysent, agrègent et achètent en moins de 120 millièmes de seconde. L'opération devant se faire au moment même où l'internaute clique pour regarder la vidéo. « Toutes les enchères sont analysées mais nous n'enchérissons que sur les contenus que nous connaissons déjà afin de garantir un environnement brand safety pour les annonceurs », explique Céline Gauthier-Darnis. Chaque jour, DynAdmic analyse ainsi plus d'un milliard de données provenant de 18 pays. Sa capacité de livraison peut atteindre les deux millions de vidéos par jour rien qu'en France. À des prix très compétitifs (10 € pour 1.000 vidéos). « Nous achetons des inventaires issus de sources types YouTube ou DailyMotion peu chers car pas nettoyés que notre technologie sécurise, qualifie et catégorise selon les cibles annonceurs ».
Objectif : 19 M€ en 2015
Les fonds levés vont donc permettre à la jeune pousse d'accélérer son développement, notamment à l'international. « Actuellement, l'Europe tire le chiffre d'affaires de l'entreprise qui devrait atteindre 6 M€ en 2014 », précise Céline Gauthier-Darnis. Toutefois, ce sont les marchés outre-Atlantique, nord et sud-américains, qui cristallisent ses efforts. Implantée à São Paulo et New York depuis 2013, « DynAdmic a désormais les moyens de renforcer ses activités aux États-Unis et au Brésil, deux places fortes en matière de publicité vidéo », tout en confortant son pôle R & D situé à Limoges « afin de garder notre avance technologique ». Et DynAdmic de se fixer l'objectif ambitieux d'atteindre les 19 M€ de chiffre d'affaires dès 2015.
Dynadmic
(Sophia Antipolis) Dirigeants : Stéphane Bonjean et Bruno Champion CA 2014 (prév) : 6 M€ 29 personnes Tél. : 04 92 28 70 26 @email